Come on In – R.L. Burnside

Come_On_InSorti le 11 août 1998

Alors que le blues servait, à l’origine, à aider à faire passer les souffrances du quotidien des Afro-Américains dans les plantations, beaucoup de bluesmen, encore aujourd’hui, se servent de ce genre musical pour exprimer leurs sentiments face à la vie et à ses nombreuses difficultés. Puis il y a des artistes comme R.L. Burnside, qui s’amusent avec un blues beaucoup plus léger, voire ludique, pour casser le moule. Son album Come on In, paru en 1998, en est un exemple parfait.

Le style de Burnside ici est très facile à reconnaître : des lignes de guitares répétées, des lignes vocales rares et aussi souvent répétées, et un son très garage. Il y a même quelque chose d’un peu électronique dans cette façon de faire du blues, très loin des puristes qui se contentent d’une guitare mal accordée comme accompagnement. Même dans sa façon de rendre les thèmes, on ne sent pas particulièrement le «blues» dans le ton.

Les premiers instants de Been Mistreated illustrent bien ces observations : on croirait entendre des loops, autant de batterie, de guitare et de voix, alors que R.L. Burnside répète la même ligne tout le long de ce qu’on devine être l’intro de l’album. Celle chanson s’enchaîne avec Come on In (Live), première partie de trois à travers l’opus. Celle-ci est enregistrée en solo devant public (on peut d’ailleurs entendre quelqu’un crier à quelques moments durant la chanson) et c’est probablement celle qui se rapproche le plus du blues «pur». Plus loin dans l’album, Come on In, Pt. 2 sortira du lot pour reprendre la ligne de guitare et en ajoutant d’autres éléments à la chanson. Quant à la Pt. 3, elle change de son un peu, et contient clairement de loops peu subtiles.

La suite prend vite une tangente plus blues-rock, avec Let My Baby Ride, Don’t Stop Honey (notez le featuring de Cedric Burnside, petit-fils de l’artiste; celui-ci participe d’ailleurs sur une bonne partie des chansons de l’opus), It’s Bad You Know,  Rollin’ Tumblin’ (remix), Please Don’t Stay et Shuck Dub (avec une grosse vibe électronique).

Les sonorités «cacanes» sont particulièrement audibles dans Just Like a Woman, où les musiciens n’ont pas particulièrement l’air de jouer en même temps et à la qualité d’enregistrement douteuse, et la finale Heat, avec un gros drum dégueulasse mal mixé. On peut aussi entendre quelques faiblesses, notamment dans l’enregistrement de la voix dans plusieurs titres, mais ces deux-là sortiront vraiment du lot pour les mauvaises raisons.

On dit que R.L. Burnside avait changé de style en fin de carrière, se dirigeant tranquillement vers un auditoire plus près du punk et de la musique garage. L’opus Come on In, paru sept ans avant sa mort, correspond effectivement à ce registre. Des bonnes idées s’y trouvent, mais pas certain qu’il arrive à vraiment bien marier ces deux univers tout au long. Cela reste un album divertissant, en tout cas.

À écouter : Come on In (Live), Let My Baby Ride, Rollin’ Tumblin’ (remix)

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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