CHRONIQUE : Passage mémorable de Dan San au Divan Orange

Dan San complet (1)Par Olivier Dénommée et Jolyane Lessard

La scène du Divan Orange a été occupée par une petite brochette d’artistes le mercredi 13 juillet dernier. Sous la tête d’affiche, le groupe belge Dan San, se retrouvaient deux artistes de la scène québécoise : Les Louanges et Valérie Poulin. Deux paires d’oreilles, celles d’Olivier Dénommée et de Jolyane Lessard, ont écouté avec attention les prestations.

Valérie Poulin

JL : La salle était plutôt vide au début de la soirée, lorsque Valérie Poulin a pris le micro. C’est à mon grand plaisir que j’ai découvert une voix rauque et puissante. Seule avec sa guitare, elle nous racontait sa peine d’amour et nous a permis de nous familiariser avec le personnage. Je croyais que j’aurais droit à un spectacle aux paroles introspectives et de petites histoires, mais après avoir performée en solo, ses deux musiciens sont venus la rejoindre sur scène. C’est à ce moment que la chanteuse s’est déchaînée de plus en plus en enchaînant les chansons rock et énergiques. Bien que sa voix était bien mieux mise en valeur avec sa guitare acoustique comme seul instrument, les mélodies en groupe brassaient et laissaient beaucoup de place au plaisir et à la singulière folie de la chanteuse.

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OD : L’artiste est arrivée, seule, sur la scène vers 22h50. Sous ses apparences de petite fille se cachait une voix puissante et assurée. Valérie Poulin a débuté avec des ballades à la guitare, mettant de l’avant une technique vocale qui me laisse croire qu’elle a une formation classique. Ses mélodies n’étaient pas toujours faciles à suivre, mais sa voix était pleinement mise en valeur. Lorsque ses deux musiciens sont arrivés, sont apparus, la chanteuse a affirmé, avec justesse : «Ça a commencé avec une peine d’amour, ça finit avec une claque dans la face.» Une sacrée claque, oui! Le volume a beaucoup monté et on perdait par moment la voix de la chanteuse pour entendre des grosses lignes de guitare pleines de distorsion, qui ont montré le côté givré de Valérie Poulin. Si les premiers instants du show se faisaient devant un public peu nombreux et plus ou moins attentif, les gens ont fini par se rapprocher afin de mieux apprécier ce qu’elle avait à nous offrir. Sa perfo de 35 minutes est finalement passée très vite, et mettait déjà la barre haute pour un début de show.

Les Louanges

JL : La salle s’était remplie pour le second groupe Les Louanges et l’audience a été accueillie chaleureusement le chanteur. Dès sa première chanson, au piano, nous pouvions entendre dans la salle des chuchotements manifestant l’appréciation de la part des spectateurs. Un peu bouffon et spontané, le chanteur s’est adressé à la foule pour présenter son groupe et ses chansons avec beaucoup d’amour. Les Louanges, c’est très sympathique et je n’anticipais pas une aussi agréable découverte. Ses écrits poétiques et créatifs nous sont livrés de façon dynamique et j’y ai dansé et souri longtemps. Sur cette pop jazzée et lyrique on a pu se relâcher et oublier nos soucis le temps d’un spectacle, mais surtout apprécier les arabesques vocales de l’artiste.

IMG_4254 mod (1)OD : Les Louanges, projet articulé autour de Vincent Roberge, est arrivé vers 22h50 sur la scène du Divan Orange. Le trio a rapidement surpris avec ses sonorités pop et rock, d’abord en formule clavier-basse-batterie, puis guitare-basse-batterie. Ce qui ressortait le plus, évidemment, était la voix du chanteur, qui offrait de nombreuses envolées lyriques (quelque chose me rappelait à l’occasion Jimmy Hunt et Daniel Bélanger), mais aussi son humour entre les chansons. Ses musiciens ont démontré leur savoir-faire en créant un shaker avec un Magic Bullet rempli de couscous. On n’y aurait vu que du feu! Que dire de plus, sinon que Les Louanges porte bien son nom et que sa performance de 40 minutes aurait pu s’étirer bien plus longtemps sans que l’on s’en lasse? La grande découverte de la soirée.

Dan San

JL : Même s’il était rendu très tard, tout près de minuit, la foule attendait toujours avec impatience la tête d’affiche Dan San. Il n’aura fallu que peu de notes avant que je commence à m’ouvrir et à aimer ce que Dan San me proposait. Une troupe de musiciens et leurs instruments qui proposent des chansons indie folk contemplatives, ça me touche droit au cœur. C’était un peu l’effet d’un chorale qui nous émeut que de les voir chanter ensemble et nous faire voyager dans leur monde. En s’adressant à la foule, le band cherchait la chaleur et le rapprochement, demandant à tous de se rapprocher. Ce fut gagnant, de ce moment jusqu’à la fin du spectacle, les spectateurs étaient pendus à leurs lèvres. Vers le milieu de la représentation, les musiciens ont d’ailleurs décidé de nous présenter une pièce en l’honneur de Bowie en nous expliquant que lorsqu’ils se sentaient bien sur une scène, comme ce soir-là, il l’interpréteraient. Heroes de Bowie nous fut alors transmise avec un tel raffinement et une grande nostalgie. J’aurais bien aimé une pièce un peu plus énergique par la suite pour me sortir de cet état très serein. J’ai trouvé que la pièce suivante passait un peu inaperçue suite à cet hommage. Les Liégeois de Dan San m’ont très certainement fait vivre un bon moment et beaucoup d’émotions. J’aurais voulu que ce petit moment de vie dure encore. Heureusement pour moi et la foule qui en désirait davantage, le groupe proposa de nous faire découvrir leur lune lors du rappel avec leur chanson Moon. Ce fut un très beau moment avec des artistes sympathiques, singuliers et accessibles qui a été livrée ce soir-là.

IMG_4282 mod (1)IMG_4296 mod (1)OD : 23h55 n’est certainement pas la meilleure heure pour qu’une tête d’affiche commence à jouer au Divan Orange. Pourtant Dan San l’a fait, et le public était bel et bien au rendez-vous. Il faut dire que c’était la dernière représentation du sextuor au Québec avant de retourner en Belgique, et que la dernière sortie du band, Shelter, a frappé fort dans le monde la indie folk aérienne et contemplative. Justement, l’essentiel du show était centré autour de ce second opus, alors que seulement trois chansons n’en étaient pas issues, dont la reprise de Heroes et le rappel. Pour quelqu’un qui avait adoré l’album, je dois dire que six personnes sur une minuscule scène, c’est assez difficile de rendre aussi bien les chansons. Le son était évidemment un peu brouillon par moments, mais les harmonies vocales, au cœur de Dan San, étaient bel et bien au rendez-vous. Après à peine plus d’une heure de musique, le groupe nous a quittés en nous promettant de revenir à Montréal dès cet automne. Si vous vous avez manqué ce rendez-vous, précipitez-vous sur le prochain!

Critique de salon aurait bien voulu faire un débat de ce spectacle, mais c’est plus difficile lorsque les points de vue sont si similaires, n’est-ce pas? La prochaine fois, peut-être!

(Photos : Jolyane Lessard)

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