Légende – Alison Balsom

legende-alison-balsom-tom-poster-1459846122Sorti le 13 mai 2016

La réputation de la trompettiste britannique Alison Balsom n’est plus à faire, alors qu’elle compte quelques prix pour ses performances et ses enregistrements au fil de sa carrière. Elle ajoute, pour la première fois, des œuvres contemporaines pour trompette et piano à son catalogue avec l’album Légende, enregistré en collaboration avec son pianiste Tom Poster dans l’église St. George à Bristol.

Le premier compositeur abordé est Françaix et ses sonatines : on passe rapidement d’un morceau sautillant (Sonatine : I. Prelude) à une mélancolie assumée (Sonatine : II. Sarabande). En tout, quatre sonatines, avec quatre énergies très distinctes, se font entendre. La plus mémorable reste, en revanche, la seconde!

C’est l’œuvre Légende d’Enescu qui a donné le nom à l’opus, en plus permettre autant à Balsom qu’à Poster de montrer qu’ils n’ont pas perdu la main, au milieu d’une pièce pourtant très lente. Alors que cette piste va dans les extrêmes, la suivante, Concert Etude, Op. 49 de Goedicke, y va d’un morceau rapide et précis, avec des bouts plus doux par-ci par-là.

Admettons-le quand même : on apprécie davantage les subtilités du jeu d’Alison Balsom, ainsi que celui de son pianiste, dans les œuvres plus lentes. La rapidité est impressionnante, mais la trompettiste n’a plus à impressionner qui que ce soit, après tout! C’est pourquoi on apprécie autant Farewell to Stromness (Maxwell Davies) et Sonatine, M. 40 : Mouvement de menuet (Ravel), face aux quatre sonates pour trompette de Hindemith (malgré que Trumpet Sonata: III. Trauermusik reste dans un registre plutôt doux).

Mention très spéciale à The Thoughts of Dr. May, composée par Poster et Balsom, en l’honneur du guitariste de Queen, Brian May. Un morceau juste assez virtuose, avec des ambiances très variées, voire très lugubres par moments, qui marque les esprits. Mention également à la Sonatine (une autre?!) de Martinů, qui prend un ton presque solennel.

La fin de l’album défile ensuite très rapidement, avec du Bernstein (Rondo for Lifey), du Gershwin (Someone to Watch Over Me) et du Jérôme Kern (The Way You Look Tonight) : après avoir pataugé dans le classique plus «pur», on allège le tour avec un son plus jazzy, sans être relâché pour autant. À la fin de la scène pièce, on entend des applaudissements, chose qui avait été évitée tout au long de l’enregistrement. Façon peu subtile de nous rappeler que l’album est fini, et qu’il était vraiment enregistré en live. Sinon, tout le reste était impeccable.

Sans surprise, l’album Légende vise dans le mille, mettant de l’avant à la fois des compositeurs du 20e siècle et le talent de la trompettiste et du pianiste. L’opus n’en est pas un qui est parfaitement virtuose du début à la fin, ni un qui s’écoute aisément en musique de fond : c’est un album où il est possible de découvrir des nouvelles œuvres et, au fond, une nouvelle facette à au son de Alison Balsom.

À écouter : Concert Etude, Op. 49, Farewell to Stromness, Someone to Watch Over Me

7,9/10

Par Olivier Dénommée

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