Yo-Yo Ma Plays Ennio Morricone – Yo-Yo Ma et Ennio Morricone

yo-yo-ma-morriconeSorti le 28 septembre 2004

Prenez un violoncelliste classique respecté de tous et un compositeur de musique de film respecté de tous aussi, et qu’est-ce que cela donne? Une collaboration comme celle sur Yo-Yo Ma Plays Ennio Morricone. À sa sortie, en 2004, l’album est resté pendant 105 semaines dans le palmarès des meilleures ventes d’albums classiques.

Évidemment, le buzz était à prévoir, surtout si on met ensemble ces deux «vedettes» du classique, mais la musique qu’on retrouve dans l’album montre un véritable travail d’arrangement de la part de Morricone, qui a lui-même réarrangé ses œuvres pour donner une place de choix à Ma et qui dirige aussi lui-même l’orchestre, le Roma Sinfonietta. L’œuvre en 19 pistes contient plusieurs «suites», qui regroupent des petits extraits de plusieurs films sous un même thème, tout en gardant une surprenante cohésion.

Deux morceaux de The Mission démarrent l’opus : les ravissants Gabriel’s Oboe et The Falls sont imbriquées ensemble, mais leur écoute coule si parfaitement que l’on tombe sous le charme dès la première écoute. La barre est très haute pour la suite.

Vient ensuite la «Giuseppe Tornatore Suite», reprenant cinq brefs thèmes de quatre films de Tornatore. Les morceaux les plus charmants sont, sans grande surprise, tirés de Cinema Paradiso : Nostalgia et Looking for You. Tout de même, le Main Theme de Malèna et surtout celui de A Pure Formality ne laissent pas leur place non plus.

Prochaine suite : celle de Sergio Leone, qui a donné l’attention internationale à la musique de Morricone. Trois thèmes tirés de Once Upon a Time in America y sont joués, dont probablement le seul intrus de l’album, Cockeye’s Song. En milieu d’album, cette pièce très tendue fera grincer des dents qui se laissaient jusque là bercer par les mélodies envoûtantes. Cela ne dure pas longtemps, heureusement, et la douceur reprendra son cours bien assez vite. L’extrait archi-connu Ecstasy of Gold tiré de The Good, the Bad, and the Ugly conclura cette suite.

La suite de Brian De Palma contient deux très belles pièces : Casualties of War: Main Theme et The Untouchables: Death Theme. La dernière suite est celle de Moses et Marco Polo. On retiendra Marco Polo: Main Theme, avant de passer aux morceaux de The Lady Caliph, à la toute fin de l’album. On garde le bonbon pour la fin, avec Dinner et Nocturne.

Rappelons que tous les arrangements ont été conçus pour donner une place de choix au violoncelle de Yo-Yo Ma, sans jamais que celui-ci ne prenne trop d’espace. C’est très bien dosé et, surtout, ça s’écoute et se réécoute avec une extrême aisance. Enlevons Cockeye’s Song et on a presque affaire ici à un album parfait.

Aussi, la magie de la musique de films de Ennio Morricone, c’est qu’elle est aussi bonne, même en dehors de son contexte. Évidemment, les compositions prennent tout leur sens sur les images pour lesquelles elles ont été écrites, mais même quelqu’un qui n’aurait vu aucun des films dont les musiques sont tirées pourra apprécier les mélodies qui resteront, espère-t-on, aussi immortelles que celles des «vrais» compositeurs classiques. Vraiment un bijou à posséder.

À écouter : Gabriel’s Oboe/The Falls, The Good, the Bad, and the Ugly: Ecstasy of Gold, The Lady Caliph: Nocturne

9,3/10

Par Olivier Dénommée

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