CHRONIQUE : Accueil chaleureux en territoire maskoutain pour Ian Kelly

ian-kellyPar Olivier Dénommée

La plupart des blogues culturels québécois sont en fait assez montréalocentristes, et Critique de salon n’y fait pas exception : on s’intéresse toujours plus aux artistes lorsqu’ils passent par la métropole. Une fois de temps en temps, il n’est pourtant pas désagréable de sortir de la grande ville pour écouter les artistes dans un environnement différent. C’est ce qui s’est passé avec le spectacle solo de Ian Kelly, qui était de passage à l’Espace Rona de la Salle Juliette-Lassonde à Saint-Hyacinthe le 18 novembre dernier.

La formule du spectacle était plus adéquate en région qu’à Montréal, car dès que le volume n’est pas au maximum, on n’entend généralement que les gens bavasser dans la salle. Pas à Saint-Hyacinthe, avec un public attentif et toujours honoré de recevoir la visite d’artistes.

Au menu, Ian Kelly a joué essentiellement les chansons de sa dernière galette, SuperFolk, qui assume un folk plus joyeux que ce à quoi il avait habitué son auditoire. Cet album plus dépouillé se prêtait bien au format solo qui allait être présenté sur scène. Tout, du décor au fait que Ian Kelly a passé la moitié de la soirée à chuchoter dans son micro, a contribué à cet effet très intime, que le public a fort apprécié. Le musicien a même tenté quelques moments d’humour, qui semblait un peu sarcastiques au début, mais qui se sont révélés plutôt sympathiques (quoique maladroits à l’occasion). Mine de rien, l’artiste est resté sur scène pendant une heure 40 et n’a jamais montré de signe de fatigue. Le public, lui, en redemandait, comme en a témoigné le chaleureux rappel exigé à la fin, lui-même après un «faux» rappel pour lequel Ian Kelly a presque triché pour s’assurer qu’il arrive. Juste avait, il avait interprété une chanson que tout le monde connaît, particulièrement après le décès de Leonard Cohen : eh oui, il a chanté Hallelujah, mais pas en solo cette fois. Il a bien sûr fait appel au public, mais aussi à un certain Peter Katz.

Peter Katz

Cet auteur-compositeur-interprète torontois était en fait la première partie du spectacle à Saint-Hyacinthe. De façon surprenante, il parlait très bien français et, ironiquement, c’était sa première tournée en sol québécois, alors qu’il a la voix et le talent pour se faire connaître ici, en plus de très savoir s’adresser à son public en français sans trop chercher ses mots. Peter Katz avait été grandement vanté par Ian Kelly, qui a déjà dit que sa présence lui mettait de la pression vu que si la première partie est bonne, il faut que la tête d’affiche mette les bouchées doubles pour que son niveau soit au moins égal. Et effectivement, Katz savait ce qu’il faisait, et le public s’est vite découvert un autre talent qui méritait une bonne écoute. Durant son set de 25 minutes, il a interprété une de ses chansons, traduite en français, pour percer le marché des radios québécoises. C’était sans doute le moment le plus faible, comme on sait qu’il n’arrive pas à avoir la même profondeur qu’en anglais. Il est réapparu durant la performance de Ian Kelly, qui l’a invité à venir chanter en duo une de ses chansons bilingues. Finalement, il a presque volé la vedette dans Hallelujah, avec une interprétation très sobre pendant que Ian Kelly était au piano.

peter-katz

La soirée était bien plus satisfaisante que si elle s’était passée dans une salle comme le Lion d’Or par exemple. C’est bien souvent le public qui décide de la qualité d’un show. Faut croire que Saint-Hyacinthe avait vraiment envie d’un spectacle intime et sincère où tout le monde pourrait repartir avec un sourire et des souvenirs qui resteront longtemps.

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