L’étoile thoracique – Klô Pelgag

klo-pelgag-etoileSorti le 4 novembre 2016

Le Québec est tombé en amour avec l’excentrique Klô Pelgag, qui avait fait sensation avec son premier album studio, L’alchimie des monstres, en 2013. Trois ans plus tard, les attentes étaient énormes face au second album. Puis L’étoile thoracique est né, répondant à presque toutes les attentes du public.

Après l’intro lente de Samedi soir à la violence, on reconnaît assez rapidement le son distinct de Klô Pelgag et ses musiciens : une pop à tendance orchestrale avec des mélodies particulières, mais accrocheuses. Cette première chanson semble aborder, de façon aussi ludique que possible, un sujet lourd qu’est l’Alzheimer.

Par la suite, on reconnaît la poésie particulière de Klô Pelgag avec Les ferrofluides-fleurs, puis Le sexe des étoiles. Par contre, cette dernière offre aussi des arrangements plus intenses : les cordes ajoutent énormément à l’ensemble, surtout dans la seconde moitié de la chanson, et seront finalement plus intéressants que le reste de la chanson en soi.

Après les arrangements chargés, une chanson dépouillée : Au bonheur d’Édelweiss est une très belle chanson essentiellement piano-voix, présentant la vulnérabilité de la chanteuse. Les cordes prennent violemment le dessus dans la seconde moitié, pour mieux revenir à la douceur pendant quelques secondes. Une autre chanson contenant le même nom, Les mains d’Édelweiss, paraît deux pistes plus loin. On ne sait pas qui est Édelweiss, mais on sent un début de concept ici. Les animaux, juste après, revient à la simplicité, cette fois avec la guitare plutôt que le piano.

Chorégraphie des âmes semble nous ramener au son du précédent album, avec une certaine dose de nostalgie incluse, suivie de chansons quelque peu étranges (quoiqu’Insomnie a quand même quelque chose d’accrocheur) et d’une majestueuse chanson, J’arrive en retard, qui aurait très bien pu clore l’album.

La dernière piste, Apparition de la sainte-étoile thoracique, mérite un paragraphe à elle seule. C’est parce qu’elle dure pas moins de 10 minutes, dont plus de 4 minutes avant qu’il se passe quelque chose. Cette finale s’éloigne du style habituel, étant beaucoup plus proche d’une construction d’un artiste d’électro. Cette partie ne durera en fait que deux minutes, avant de revenir aux bruits répétitifs qui mèneront à ce qu’on devine une discussion de l’artiste avec sa grand-mère sur les saisons, après 7 minutes. C’est peut-être une coïncidence, mais on ne peut s’empêcher de lier de dialogue à la première chanson de l’opus.

Dans l’ensemble, l’album nous laisse un étrange sentiment. Aucun doute ici : l’album est solide et prouve que l’auteure-compositrice a gagné en maturité et en assurance depuis son dernier effort, mais est-ce que le message passe mieux? Là, c’est plus ambigu. Mais, en même temps, l’ambiguïté fait partie intégrante de la musique de Klô Pelgag. Cela semble un autre album dont on apprivoise les saveurs avec le temps.

À écouter : Samedi soir à la violence, Chorégraphie des âmes, J’arrive en retard

7,9/10

Par Olivier Dénommée

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