Ultramarr – Fred Fortin

ultramarrSorti le 18 mars 2016

En solo, Fred Fortin (aussi connu pour ses groupes Gros Méné et Galaxie) ne s’était pas fait entendre depuis 2009, avec Plastrer la lune. Ainsi, avec sept ans de recul, et après un bon séjour dans son chalet à Saint-Félicien avec quelques comparses, le voilà qui accouche de l’éclectique Ultramarr.

La facture rock est bien sûr toujours présente, mais on retrouve tantôt des chansons aux tendances plus folk-country, et d’autres plus garage et psychédéliques. On mentionne aussi certaines influences jazz, même si elles ne sont pas particulièrement audibles au premier degré. La présence d’un comparse de Galaxie et de plusieurs gars des Barr Brothers contribuent, on s’en doute, à cet univers éclaté.

Dans la première piste, Oiseau, c’est plutôt le côté folk-rock de Fred Fortin qu’on entend, de façon très réussie. Ses texte simples ne semblent pas d’une grande profondeur, mais disent efficacement ce qu’ils ont à dire. Bref, une bonne entrée en matière qu’on nous offre. On change complètement d’univers avec Douille puis 10$, où les claviers occupent énormément d’espace, qui nous font oublier ses faiblesses (le thème et les mélodies pas aussi mémorables qu’on le voudrait). Cela fonctionne pour quelques chansons, mais on apprécie drôlement l’arrivée de Tête perdue, entraînante à souhait et qui donne un nouvel élan à l’album. On appréciera aussi le sympathique (et comique) L’amour ô Canada, suivi de la belle Molly.

Consacrons un paragraphe à la chanson-titre, Ultramarr, qui utilise le jeu de mots le moins convaincant possible. «Je travaille chez Ultramarr et j’en ai ultra marre», dit-il. C’est aussi la première chanson de l’opus que j’ai entendue, et ce qui a fait en sorte que je ne me suis pas risqué à l’écouter plus tôt. Mettre sa pire chanson comme titre de l’album, c’est idéalement à éviter… Bref. En plus, on finit pratiquement l’album avec cette chanson : il ne reste que Tite dernière, de même pas une minute et demie. Au moins, la finale finit sur un bon ton.

L’album est certes surprenant et gagne à être écouté à plusieurs reprises, ne serait-ce que pour ses ambiances parfois audacieuses qui trahissent juste un peu la présence des Barr Brothers. Mais il n’est certainement pas marquant au point d’être un des albums de l’année, chose que certains critiques ont semblé prétendre. Quand même, un bon album, fait pour les temps froids et la sloche printanière.

L’album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : 10$, Tête perdue, L’amour ô Canada

7,6/10

Par Olivier Dénommée

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