Aimer les monstres – Émile Proulx-Cloutier

emile-proulx-cloutier-aimer-les-monstresSorti le 25 novembre 2013

À l’été 2013, le populaire comédien québécois part en tournée de rodage aux quatre coins du Québec pour tester son matériel musical (geste plutôt courageux compte tenu du fait que les gens assistaient à un spectacle de chansons inédites d’un comédien dont on ne connaissait pas encore les mille talents). La réponse du public a été positive envers l’auteur-compositeur-interprète et l’a amené à concrétiser son projet d’album de neufs pièces, Aimer les monstres.

Ayant assisté à l’un de ses spectacles de rodage, j’ai d’abord eu le bonheur de découvrir que le chanteur s’accompagne merveilleusement au piano. Il varie les styles de façon surprenante, tout en s’amusant avec les mots avec habileté, bien que l’album peut sembler décousu.

Bon coup d’envoi avec la première piste, la chanson-titre Aimer les monstres, qui plaît tout de suite à l’oreille : accompagné seulement du piano, de cuivres et de légères percussions, c’est un très bon début à l’album. Le sens des paroles est parfois difficile à saisir, mais c’est une réussite musicalement.

Elle ne nous prépare cependant pas à la prochaine pièce, Votre cochon se couche, une chanson engagée et plutôt crue. On peut d’ailleurs ajouter Madame Alice et Le tambour de la dernière chance dans cette catégorie des chansons à textes plus vulgaires mais réfléchis, dénonçant des situations diverses. Il va sans dire que c’est un album destiné davantage aux adultes qu’aux adolescents ou aux enfants.

Proulx-Cloutier aime également raconter des histoires, et c’est ce qu’il fait avec brio dans Le Grillon et la Luciole, qui dépeint l’histoire d’amour impossible entre ces deux insectes dans une ville abandonnée. Ce tango est un véritable ver d’oreille qui saurait (quant à lui) plaire aux jeunes comme aux plus vieux.

Seule chanson plus connue du disque, le rap Race de monde est un succès en tout point qui met principalement au premier plan les opinions sociopolitiques du chanteur. Mis à part quelques détails d’arrangements musicaux qui font paraître la chanson comme n’étant pas un produit fini, on entre dans la tête d’un Émile Proulx-Cloutier déchaîné qui dit ce qu’il pense haut et fort. On adore! La piste suivante, Les cités grises, est malheureusement ennuyante. Il n’y a rien d’accrocheur et c’était selon moi une mauvaise idée de la placer juste après Race de monde. Mentionnons cependant la plume raffinée de Proulx-Cloutier qui fait encore une fois ses preuves.

Finalement on retourne aux sources pour Mayday, la dernière chanson, qui nous ramène dans l’ambiance de la première piste du disque : effectif musical limité au piano seulement, il s’agit presque d’une berceuse. Elle se veut rassurante, comme si elle allait  nous «sauver» du monde dans lequel on vit (qu’il a critiqué de façon négative tout au long du disque). Le dernier refrain est d’ailleurs très éloquent : «Et j’avance à la dérive jusqu’à ce qu’amour s’en suive.»

On passe par toute une gamme d’émotions avec Aimer les monstres. Émile Proulx-Cloutier est un auteur-compositeur-interprète et pianiste de talent et j’ai hâte d’entendre du nouveau matériel. Même s’il manque un peu de raffinement, c’est certainement un album à découvrir, spécialement si vous aimez les chansons à textes.

N.B. : Je ne conseille toutefois pas cet album aux moins de 13 ans (langage vulgaire, thèmes destinés aux adultes).

À écouter : Votre cochon se couche, Le Grillon et la Luciole, Mayday

8,1/10

Par Audrey-Anne Asselin

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