Le sens du vent – Raton lover

raton-lover-sens-du-vendSorti le 10 février 2017

Fondé à Québec, le groupe pop-rock Raton lover s’était fait remarquer dès son premier opus éponyme, voilà deux ans et demi. Ses fans – et la critique – attendaient patiemment une suite, pour voir dans quelle direction le groupe pourrait aller. Fidèle à son nom, Raton lover mélange une énergie rock’n’roll et des moments plus langoureux dans son deuxième album, Le sens du vent.

Mais, si on compare au son du premier album, on est vraiment ailleurs. Le côté americana est plus assumé et le mix est sensiblement différent, créant une toute autre expérience. L’album démarre avec Tu penses trop, justement plutôt folk-rock, mettant bien de l’avant les textes de Simon Lachance. Le hic, c’est que les paroles ne sont pas d’un si grand intérêt, malgré la portion un peu philosophique du refrain. L’effet est au moins plus réussi sur la suivante, Sans lendemains, beaucoup plus ballade. On réalisera que la plupart des chansons mieux ficelées de l’opus opteront pour la douceur. Nous y reviendrons.

Un des singles qui annonçaient la sortie de l’album est Frencher des Françaises. Un refrain qui atteint son peak avec «frencher des Françaises», c’est drôle, surtout que si on n’avait pas vu le titre, on n’aurait pas vu venir ce développement. Mais répéter la même chose à chaque refrain, sans autre développement, ça devient lourd. Surtout qu’on le répète pas moins de quatre fois d’affilée à la fin. Pourquoi cette fixation sur les Françaises? Il aurait été plus drôle de faire une évolution ou une variante dans les paroles, comme «séduire une Anglaise», ou «caresser une Italienne», mettons. S’ensuit Mister Wright qui, malgré son rythme accrocheur, fait l’erreur du jeu de mot facile entre Wright (Right) et Wrong.

On change complètement de registre, revenant au lent (et un peu lourd) folk-country de la chanson-titre Le sens du vent. Cette lourdeur est encore plus remarquable sur Pawné ton âme, qui surprend mais de la bonne façon. Parmi les chansons plus rock, Des hauts des bas puis Traverser novembre figure parmi les incontournables de la seconde moitié de l’opus avant de revenir à la douceur pour clore l’album : Un autre que moi frappe fort, avant de finir avec Le divan des cœurs brisés, qui offre une mélodie intéressante sur une guitare folk toute simple, mais trop souvent répétée. Il ne suffit pas de rajouter des voix par-dessus à la fin pour changer par magie ce qu’on chante. L’idée est bonne, mais elle tombe légèrement à plat ce coup-ci.

L’écoute laisse des sentiments plutôt mitigés. On a droit à deux énergies très différentes, mais qui ne se complètent pas toujours si bien. Aussi, les textes ne sont pas d’une grande profondeur, ce qui s’entend surtout dans les pistes qu’on fait passer pour des chansons à textes. Il reste au moins quelques chansons plus intéressantes dans cet album finalement plutôt léger, qui fera probablement plus de bien à l’approche de l’été qu’en plein mois de février.

À écouter : Le sens du vent, Traverser novembre, Un autre que moi

6,9/10

Par Olivier Dénommée

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