Des autoportraits – Juste Robert

juste-robertSorti le 14 octobre 2016

«Sur la rue St-Vallier Est à Québec, le sculpteur Jean-Robert Drouillard compose des chansons pour sa cuisine. Ça joue parfois croche de la guitare. Ça chante avec un accent spécial. On entend le train sur Limoilou. Par la fenêtre il y a les premiers flocons. Ça te blow et ça te berce. Ou pas. Anyway.» C’est par ces mots que Juste Robert s’auto-décrit sur Bandcamp à travers son premier album, Des autoportraits. Dans la vague du folk alternatif (mais sans tout à fait tomber dans le folk «sale»), l’artiste de Québec a un son très particulier, loin d’être léché, qui prend un certain temps à apprivoiser.

Fleur nous plonge immédiatement dans ce qu’est la musique de Juste Robert : une musique un peu raw dans le son, et surtout une voix particulière bien mise de l’avant. Les premières phrases qu’on entend en feront peut-être grincer quelques-uns des dents, comme sa voix n’est pas un synonyme de mélodique, malheureusement. Il y a, quand même, une certaine poésie dans ce qu’il dit, mais les mélodies ne sont pas particulièrement accrocheuses et on portera davantage attention aux progressions dans la musique.

Cela prend Océan pour retenir un peu plus notre attention : une petite ballade où sa voix plaintive semble relativement mise en valeur. Plus loin, on a aussi droit à Qui de nous deux?, et Ça soufflait (lentement) (version berçante de Ça soufflait, qu’on entend plus tôt dans l’album) avec les mêmes qualités mélodiques. Par contre, Des pissenlits de lumière, aussi dans le même registre, ne convaincra pas autant, de par les textes étranges (on sourcille à chaque fois qu’on entend «Un porno pour les chiens»).

Parmi les rares morceaux plus rock qui retiennent l’attention, il y a Golden Storm. Il y a aussi la lente Il tombe des cordes, mais pour une partie plus criée qui ne fera pas unanimité. La finale de l’album, Nous sommes ta meute, une autre chanson lente, ne réussira cependant pas à retenir l’attention cette fois, étant trop générique cette fois.

On remarque donc deux énergies dans l’album : la plus réussie est décidément le côté ballade de Juste Robert, où il arrivait à donner un peu de mélodie à sa voix nasillarde (en plus de son accent), versus le folk-rock où il peine généralement à se mettre en valeur. Après avoir écouté l’album à quelques reprises, on réalise que l’album ne s’écoute pas mal, mais qu’aucune chanson ne se démarque vraiment et faibles sont les chances pour qu’elles restent dans l’imaginaire dans les prochaines années. Cela reste un premier album, mais Jean-Robert Drouillard a du pain sur la planche s’il veut sortir des bars et des soirées trop arrosées autour du feu.

Il est notamment possible d’écouter l’album sur Bandcamp.

À écouter : Golden Storm, Qui de nous deux?, Ça soufflait (lentement)

5,9/10

Par Olivier Dénommée

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