EP sans titre – Mélanie Venditti

Sorti le 21 février 2017

Le monde musical n’a aucun secret pour Mélanie Venditti, qui a tout d’abord œuvré comme altiste auprès d’auteurs-compositeurs-interprètes émergents comme Klô Pelgag, Mathieu Bérubé et Philippe Brach. En 2017, la jeune femme prend un nouveau tournant en offrant au public son propre matériel, la mettant désormais au premier plan. Nous avons pu la voir jouer aux Francouvertes en février dernier, un jour seulement avant le lancement de son premier EP sans titre.

Pompéi est le premier morceau que nous propose Mélanie Venditti : un bon rock assumé, bien groundé. Quand on la voit en live, on sait que la musicienne s’accompagne à la guitare électrique tout poussant la chansonnette, ce que l’on ne décèle pas nécessairement sur l’enregistrement. On peut cependant entendre une voix timide et très douce, une version moins puissante de celle de Klô Pelgag. Ça manque un peu de corps, mais pas assez pour nous décourager et la chanson est franchement excellente. On poursuit dans une atmosphère un peu plus légère avec Sous la loupe. Je dois dire que je ne suis pas charmée par celle-ci : la mélodie semble fausse par endroit, un peu comme si la musicienne avait tenté d’aller jouer dans l’atonalité pour ajouter de la complexité à sa musique, ce qui donne un résultat couci-couça. On peut cependant affirmer que l’accompagnement musical est très solide : on entend de belles variations rythmiques mélangées à des progressions harmoniques élaborées.

C’est la troisième piste du EP qui montre la facette la plus intéressante de la musique de Venditti. Phare est en effet d’une beauté frappante, autant pour son texte sincère que pour la recherche musicale que l’on peut y entendre. C’est éclectique à souhait : on y  mélange les couleurs, les idées, les harmonies et les métrique de façon toute à fait surprenante mais ô combien liée au propos du texte. Chapeau! On retrouve ce même esprit dans Les gyres, qui suit juste après. Tout comme dans Phare, on y mélange les genres habilement, même un peu trop. La ligne d’alto est vraiment agressante (répétition d’une seconde mineure plusieurs fois de suite) et se mêle difficilement au reste de l’instrumentation. Pour le reste, la chanson est correcte, mais sans plus.

On est doucement porté vers la dernière et cinquième piste de l’album, Cogner des clous, qui est tout simplement magnifique. Venditti y expose à sa manière les relations amoureuses de notre millénaire. On apprécie particulièrement le refrain «Mais tous les jours tu veux me voir la nuit/Et moi la nuit je veux te voir le jour/Mais le jour et la nuit se croisent au lit/Et nous aussi», qui est lourd de sens et si bien écrit. Accompagné d’une simple guitare, la courte chanson de moins de deux minutes a de quoi nous donner des frissons sur tout le corps.

Finalement, on peut dire que ce EP ouvre la voie vers un bel avenir pour Mélanie Venditti, dont on constate toute la maturité musicale. Cela dit, on aimerait entendre plus de direction et de précision dans ses chansons qui, parfois, semblent se perdre. Est-ce par désir de vouloir faire quelque chose de trop complexe? Une chose est certaine, si on se fie à ce mini-album, on s’assurera de suivre l’auteure-compositrice-interprète de très près dans les prochaines années.

Le EP est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Phare, Cogner des clous

6,9/10

Par Audrey-Anne Asselin

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