Les vinyles de mon père – Jason McNally

Sorti le 10 mars 2017

Si vous êtes un assidu de la populaire émission En direct de l’univers présenté à Radio-Canada, vous avez sans doute entendu son nom à plusieurs reprises puisqu’il y dirige d’une main de maître les choristes maison chaque samedi soir (en plus de faire partie du groupe de chanteurs lui-même). Jason McNally travaille beaucoup en tant que chef de chœur ou dans la figuration, demeurant toujours dans l’ombre. Il fait enfin le grand saut dans la lumière en 2017 avec la sortie de son premier EP Les vinyles de mon père.

Le talent vocal indéniable de Jason McNally ne sera pas mis en question dans ma critique : le jeune chanteur a un contrôle absolument magnifique de son instrument et joue merveilleusement avec les nuances dans ses chansons, le tout en s’adaptant intelligemment avec la mode musicale actuelle. Je vais plutôt me pencher sur les pièces elles-mêmes, en commençant par la chanson-titre, Les vinyles de mon père, qui est certainement l’une des meilleures du mini-album. La vulnérabilité de l’artiste frappe assez rapidement : on entend quelque chose de très sincère qui me plaît bien, malgré une plume gaffeuse par endroits que l’on sentira à plusieurs reprises tout au long de l’opus. Les arrangements vocaux sont de toute beauté dans cette ballade nostalgique qui rappelle parfois Wilfred LeBouthillier.

Dans cette même veine, La maison bleue fait appel au romantique en chacun de nous. J’ose croire que McNally sait pertinemment qu’il offre une musique plutôt quétaine qui fera pleurer à coup sûr les «matantes» qui vont appeler Rouge FM pour l’entendre encore et encore (ce qui est tout à fait légitime). Encore une fois, on sent que les paroles auraient pu être davantage travaillées; on remarque un manque flagrant de subtilité dans le propos qui s’entend encore plus dans la piste suivante, son single, La tasse de chat. D’emblée, le rythme enjoué de la chanson annonce quelque chose d’assez léger, mais jamais je ne m’attendais à entendre quelque chose d’aussi (pardonnez-moi), niaiseux. Bien franchement, il est possible de faire dans la chanson ludique tout en gardant une intelligence poétique (pensons entre autres à Georges Brassens, un pionnier dans ce domaine). Je ne demande pas à Jason McNally d’atteindre ce niveau d’excellence, mais peut-être de s’en inspirer? Un peu de folie dans ses textes n’aurait pas fait de tort, surtout avec un titre qui laisse place à bien plus de créativité!

Faisons demi-tour après ce petit écart et revenons dans une musique romantique où la section de cordes se laisse aller allègrement. Rue 395 & papier peint, malgré une musique superbe, rappelle définitivement trop La maison bleue entendue plus tôt. Ça manque de diversité cette affaire-là! Les mêmes propos reviennent très souvent, mais en utilisant des métaphores différentes, ce qui devient un peu lassant. Il faut dire que McNally se rattrape plutôt bien dans Les brouillons du 4 1/2 qui laisse entendre de nouveaux arrangements plus riches et un texte nettement plus intéressant. Enfin on a l’impression qu’il se laisse aller. Vraiment, c’est un must que j’espère entendre à la radio dans les prochaines semaines (et qui aurait fait un meilleur single). Dans tous les cas, ce n’est sûrement pas la dernière chanson du disque, Le nord, qui fera fureur. Le morceau, sans être mauvais, est assez banal et l’instrumentation minimaliste laisse l’album finir en queue de poisson, nous laissant dans suspense malaisant.

Cette sortie ne figurera malheureusement pas dans les plus importantes de l’année 2017. Jason McNally est un chanteur incroyable, mais je ne suis vraiment pas épatée par ses compositions qui, même si elles sont jolies, n’innovent en rien. Je reste cependant curieuse pour la suite : ça reste tout de même un premier album sous forme brute et on devine qu’il y a matière à creuser pour présenter un produit plus raffiné dans quelques années.

À écouter : Les vinyles de mon père, Les brouillons du 4 1/2

6,7/10

Par Audrey-Anne Asselin

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