Traces & Scars – Guy Bélanger

Sorti le 24 mars 2017

Bien des choses ont changé pour Guy Bélanger depuis son Blues Turn de 2014. La principale : le départ de son grand ami, Bob Walsh, décédé en fin d’année 2016. Cela a énormément teinté le nouvel opus de Bélanger, intitulé Traces & Scars, justement dédié à Walsh. On y retrouvera beaucoup de morceaux plus nostalgiques, on s’en doute, mais aussi d’autres qui veulent faire oublier nos malheurs. Aussi, on revient à l’essentiel, et on limite au minimum les chansons chantées, afin de laisser parler l’harmonica.

Personne ne se surprendra d’entendre My Dearest Friend en ouverture : un morceau instrumental qui résume très bien cette amitié quasi fraternelle qui liait Guy Bélanger à Bob Walsh. On ne sombre heureusement pas dans la mélancolie. De toute façon, on changera vite de registre avec Better Days, plus ensoleillé, puis avec Fat Boy, une belle collaboration entre l’harmoniciste et le guitariste Preston Reed, où chacun essaie d’épater l’autre.

Après les montées, on redescend : Guy Bélanger revisite Les mauvaises herbes, pièce-thème du film du même nom. Celle-ci prend des airs plus country, notamment à cause de la présence assumée de lap steel. S’ensuit la seule où on entend la douce voix de Bélanger, Little Heart (reprise de Delaney Davidson), avant de passer au funky et contagieux See the Light. Une fois de plus, on fait redescendre l’énergie, avec la très belle et très mélancolique Traces & Scars. On y entend d’ailleurs le violoncelle d’Eric Longsworth, qui ajoute beaucoup à l’intensité du moment. On en vient presque à oublier l’harmonica!

Les montagnes russes se poursuivent jusqu’à la fin : Common Ground, composé en collaboration avec ses musiciens, offre une belle complicité et un rythme intéressant, avant que Kalaw et Who’s Left Standing (avec Luce Dufault à la voix) adoucissent la vibe. Nitassinan, quant à elle, a un côté mystérieux qui ne déplaît pas, avant la solide finale Hot Time. Si on commençait l’album avec une larme à l’œil, on le termine en tapant du pied et c’est tant mieux.

Ceux qui s’attendaient à un album émotif n’auront été qu’à moitié servis : en même temps, pouvait-on vraiment espérer que Guy Bélanger fasse uniquement dans la ballade pleurnicharde? Au contraire, il s’amuse avec tout ce que le blues a de mieux à offrir, sans se donner de limite. C’est très réussi et ça remet les choses en perspective quant à la place de l’harmonica dans le monde de la musique, qu’on semble sous-estimer.

À écouter : Les mauvaises herbes, See the Light, Traces & Scars

7,9/10

Par Olivier Dénommée

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