Empire onirique – Renard Blanc

Sorti le 30 octobre 2015

Parmi tous les groupes rock qu’on peut retrouver au Québec, bien peu sont ceux qui disent encore venir de Saint-Hyacinthe en Montérégie. C’est qu’à une heure de Montréal, la tentation est forte pour y migrer et emprunter cette identité. Reste Renard Blanc, cette formation qui navigue entre le post-rock, l’ambiant et un peu le prog… en français. Après quelques EP, il a lancé un premier long jeu, Empire onirique, en fin 2015.

Le groupe aime décrire sa musique de «rock en spirale». Ce n’est a priori pas très clair comme description, mais l’écoute permet assez vite de s’imaginer la fameuse spirale – l’impression que le groupe tourne et prend de la vitesse, passant souvent d’un registre assez planant à quelque chose de plus chargé et tendu au fil du temps. Marathon, première piste de l’opus, participe un peu à cette impression avec un build-up efficace mais presque vertigineux de près de 5 minutes.

Au fil de l’album, on tentera de la recréer, souvent avec des variations. Le point commun : la voix planante (et parfois un peu trop réverbérée) du chanteur-guitariste Vincent Lepage. Doucement, par exemple, y va plus mollo dans son crescendo (respectons le titre de la chanson!), mais ses lignes de synthés arrivent à point dans la dernière portion de la chanson. Et que dire de celui de Fuir ailleurs, que d’autres n’hésitent pas à comparer à Radiohead. À 6 minutes 28, on a quand même droit à quelques longueurs, même si les deux dernières minutes viennent brasser la cage un peu. On préférera les morceaux plus courts, comme Docteur moderne aux tendances psychédéliques, qui frappent autant l’imaginaire.

Les gars de Renard Blanc ont le sens du riff, et si la voix de Lepage se perd souvent dans le mix, la musique, elle, vient nous habiter un peu plus à chaque fois qu’on l’écoute. La brume, Psychomagie, l’instrumentale Les pendules à leurres, Polaris… toutes ont un petit quelque chose d’indescriptiblement accrocheur. Même Le boss d’la fin (meilleur titre, honnêtement), sans être aussi épique que ce que le titre laisse entendre, offre une belle finale à ce premier opus de près de 50 minutes en 10 titres.

Difficile de trouver des chansons qui se démarquent beaucoup plus que les autres : Empire onirique est un peu comme un gros bloc qui ne nous happe pas aussi fort si on le fragmente. Deux ou trois bonnes écoutes peuvent s’avérer nécessaires pour vous laisser habiter par la «spirale» de Renard Blanc, mais ça vaut le coup!

L’album se retrouve entre autres sur la page Bandcamp du groupe maskoutain.

À écouter : Marathon, La brume, Psychomagie

7,7/10

Par Olivier Dénommée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s