Dans la fumée claire – Fred Labrie

Sorti le 1er avril 2016

Il y a un an exactement paraissait le premier album de Fred Labrie Dans la fumée claire, projet enregistré loin de tout, isolé au fond des bois pendant huit jours. Après un premier EP en 2012, l’auteur-compositeur-interprète qui sillonne les routes du Québec depuis les dix dernières années lance ce disque avec la précieuse collaboration des musiciens derrière Edwar 7 et Maison Brume.

On commence en force avec Quand la route t’éclipse, qui déménage pas à peu près. Les guitares sont bien présentes, et c’est juste assez edgy pour nous faire embarquer instantanément dans le monde de Fred Labrie. Le même concept se poursuit dans Côte-Nord. Aux couleurs cependant plus folk, la chanson est entraînante et le refrain vous trottera dans la tête après seulement quelques écoutes. La troisième piste de l’opus me donne une impression plus pop et les quelques paresses poétiques (et prévisibles) confirment mon feeling. Il aurait été judicieux de ne pas autant tomber dans la facilité. Cela dit, elle n’est pas désagréable à écouter et c’est sans doute pourquoi elle est présente deux fois dans l’album, ayant aussi une version écourtée pour la radio.

Ne cherche pas la lune (Montréal) qui suit juste après est très jolie, si ce n’est qu’elle rappelle beaucoup la très populaire Montréal de Ian Kelly (particulièrement vers la fin). Si on oublie ce léger détail, la façon qu’a Fred Labrie de décrire la métropole est apaisante et rafraîchissante, tout en restant très personnelle, bien joué! Passons ensuite à L’ombre d’un petit gars, qui frappe davantage avec son texte que par sa mélodie qui laisse plutôt indifférent, un peu comme si les deux ne s’accordaient pas tout à fait ensemble. Le chanteur intègre très bien Comment, probablement la chanson qui se rapporte le plus à une ballade sans l’être tout à fait : on a enfin une pause de tout cet effectif instrumental qui dominait jusque-là et on retourne dans un accompagnement plus simple et tout à fait efficace (On peut remarquer une version radio plus courte pour Comment également). Sautons à l’avant-dernière pièce du disque, Printemps-artifices. Percussions, guitares, sections vocales à plusieurs voix; il met le paquet et toute l’énergie qui lui reste dans ce bijou, qui aurait dû d’ailleurs terminer l’album. On peut même entendre des rires et des applaudissements en fin de morceau, ce qui nous laisse croire à un enregistrement live survolté. Quant à Soir d’octobre, elle termine le disque d’une drôle de façon. Les couplets parlés-chantés sont intéressants et bien construits, et ajoutons à cela un court refrain plus chantant qui lui charmera l’oreille sans hésitation. Ce n’est pas le morceau idéal pour clore le tout, mais ce choix audacieux passe tout de même pas trop mal.

Force est de reconnaître qu’il y a deux parties à cet album : une première, très forte avec des morceaux pour la plupart accrocheurs, et une seconde, beaucoup plus faible. On note Comme le plus beau des incendies, BMX, La tête légère et Jours cicatriciels qui sont malheureusement plutôt faibles, autant au niveau des paroles aux rimes pauvres que parce qu’on se tanne de les écouter, les mélodies étant trop peu accrocheuses. Les deux dernières chansons rehaussent le niveau, mais n’arrivent pas à sauver cette seconde moitié d’opus. Dommage.

Je crois qu’il y a encore du travail à faire au niveau des compositions en elles-mêmes pour faire du prochain projet de Fred Labrie un succès auprès du public. On entend beaucoup de belles choses qui sont malheureusement éclipsées par les moins bonnes qui sont trop nombreuses, rendant au final ce disque très moyen. Il manque quelque chose, mais il est difficile de mettre exactement le doigt dessus pour l’instant. À suivre…

L’album est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Ne cherche pas la lune (Montréal), Comment, Printemps-artifices

6,5/10

Par Florence Blondin

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