Les frères Béquet – Les frères Béquet

Sorti le 6 novembre 2015

Quand les frères Béquet sont apparus dans le paysage médiatique québécois en 2015, c’était dans le cadre d’une série a Z avec, comme mentor, nul autre que Paul Daraîche. Un album est né de cette émission, après qu’on ait révélé que les deux frères étaient, en fait, les humoristes Réal Béland et Dominic Paquet déguisés. Ça donne le ton à ce produit, disons, très léger.

La plupart des chansons de l’album sont des compositions de Réal Béland, qui n’en est pas à ses premières créations musicales humoristiques. Dès les premières pistes, on reconnaît un certain humour dans l’écriture, bien que N’ouvre pas tes yeux et Ta veste bleue auraient très bien pu être de véritables chansons du répertoire country tellement la parodie est bien ficelée avec des harmonies vocales solides et des arrangements qui se fondraient dans n’importe quelle compilation de country américain. Mentionnons aussi les refrains somme toute accrocheurs, surtout dans le cas de Ta veste bleue. C’est à partir de L’épicerie seulement que l’on sait sans l’ombre d’un doute que l’on a affaire a une grosse joke musicale. Idem pour Le cure-dent et Des questions sans réponse, un peu plus loin.

On peut aussi y entendre quelques reprises : la première est Rosalie de Paul Daraîche, au sujet tellement cliché que ça aurait pu être écrit en blague par Réal Béland. Commentaire similaire pour Le jour de votre mariage. Notons qu’assez souvent, les humoristes vont se lancer des commentaires, répétant «e’l frère» ou «yeah» un peu partout. Un autre cliché, un peu de trop même si on le trouvera probablement bien drôle a la première écoute.

Accordons le mérite à deux excellentes reprises : Je joue du banjo, signé Patrick Groulx, qui colle parfaitement au registre des frères Béquet, et surtout Tu ne sauras jamais des BB. La version country de ce classique de la ballade quétaine est un véritable plaisir coupable.

À la fin de l’album, après La vie est faite comme ça qui colle parfaitement au mood de l’opus, on a droit à une série de Bloopers, nous rappelant qu’il y a eu du travail avant d’en arriver au produit final. C’est drôle une fois, mais on s’en lassera bien rapidement.

Difficile de savoir à qui s’adresse exactement cet album : aux amateurs de country, ou à ceux qui suivent les deux humoristes? D’un côté, on a un opus très convaincant musicalement, mais qui tient trop à rappeler qu’on fait une parodie en ajoutant des gags loin d’être nécessaires ; de l’autre, ce n’est pas assez drôle pour être juste un opus à écouter pour rigoler comme on écouterait un Pérusse. Aussi, l’effet tend à s’effriter et on se lassera rapidement de la plupart des chansons. Cela reste un album intéressant, au moins le temps d’une écoute, et ça reste aussi fascinant de penser que Béland et Paquet ont réussi à berner à peu près tout le monde au début de leur duo.

A écouter : Ta veste bleue, Tu ne sauras jamais, Je joue du banjo

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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