La Conversion des Sauvages – La Conversion des Sauvages

Sorti le 11 novembre 2016

Quatuor montréalais encore peu connu, La Conversion des Sauvages joue sans compromis une musique pop-rock alternative avec où s’ajoutent des éléments punk et psychédéliques en français. Son premier album homonyme a été lancé à l’automne 2016 et dévoile cette direction particulière, qui nécessitera quelques bonnes écoutes.

Le monde des invisibles nous place immédiatement dans le monde de LCDS. Le riff est solide, mais trop d’effets dans la voix mineront un peu l’expérience. Du haut de ses 2 minutes, on a l’impression qu’on a plus affaire à une intro qu’à une chanson à proprement parler. On laisse ensuite place à Vieil ivoire. Dès le début, la ligne de basse passe le test, et la guitare aussi. On entend aussi mieux la voix du chanteur, qui a une vibe non loin du punk. Ça ne fait pas nécessairement dans la finesse, mais l’effet est très réussi.

On noie de nouveau la voix dans des effets dans Nouakchott, mais avec un enrobage plus rétro qui ne se prend pas si mal. Mention au solo de guitare, même si le volume était abusivement élevé par rapport au reste. Jappe le chien explore différentes ambiances, dont certaines très réussies, d’autres moins; petit manque de cohésion par moments. S’ensuit Le balcon vert, très douce au début… qui mène à une explosion où un saxophone vole la vedette et joue toutes les notes possibles sans ordre apparent. Ça refroidit un peu, disons! Puis on a droit à une espèce d’interlude ente garage et psyché où la finesse est en option dans Dans les granges, avant de revenir à quelque chose de plus doux (quoiqu’avec un certaine lourdeur), avec Monastère. Par contre, vocalement, on se rapproche du style d’Émile Bilodeau.

L’avant-dernière, Nadir c’est la fête, est aussi une des plus représentatives de l’album, proposant différentes énergies toutes aussi bien ficelées les unes que les autres, incluant de gros solos dans la dernière portion. Ça aurait conclu à merveille l’album, mais on nous ajoute A.P. Carter en fin, d’une durée de 7 minutes. Celle-ci prendre un son presque tribal (qui n’est pas sans rappeler le nom du groupe), qui crée un beau build-up, mais qui est miné par sa durée, en particulier les dernières minutes qui sont de trop. Dommage!

D’une durée d’environ 35 minutes, La Conversion des Sauvages nous transporte dans ce monde particulier qu’est celui du groupe montréalais. Cela reste un premier album, mais cela donne une idée des directions que le band peut prendre dans les prochaines années. Un peu plus de cohésion ne ferait pas de tort non plus, comme on ne comprend pas toujours où est la ligne directrice, en plus de trouver que parfois, le groupe en fait un peu trop. Dans le cas présent, certains apprécieront ce désir de déstabiliser, d’autres en seront plutôt rebutés. Néanmoins, laissez-vous la chance de l’écouter à quelques reprises pour vous faire une tête sur ce que LCDS a à offrir.

Il est possible d’entendre l’album sur Bandcamp.

À écouter : Vieil ivoire, Monastère, Nadir c’est la fête

7/10

Par Olivier Dénommée

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