Pleasure – Feist

Sorti le 28 avril 2017

L’auteure-compositrice-interprète canadienne Leslie Feist offre un beau paradoxe : elle est très perfectionniste dans son art, prenant le temps qu’il faut avant de lancer du nouveau matériel, mais semble en même temps allergique au succès. Six ans après Metals, Feist revient enfin avec Pleasure, où elle nous envoûte, peut-être malgré elle, avec ses belles mélodies indie-pop.

Elle frappe fort dès la première chanson, la piste-titre Pleasure, où elle chante sur une musique plutôt discrète au début pour varier, parfois drastiquement, à partir de 2 minutes, passant du gros rock bluesy à une musique d’ascenseur. Vous voyez le genre. Ça sonne étrange dit comme ça, mais c’est drôlement bien construit et on prend goût à ces montagnes russes d’intensité.

Plus douce, I Wish I Didn’t Miss You est petite ballade guitare-voix… à la sauce Feist, bien sûr. En fait, on est presque déçu de ne pas avoir plus de surprises dans cette chanson. Plusieurs autres morceaux lents suivront – en fait, la grande majorité de l’album –, comme Get Not High, Get Not Low, Lost Dreams (qu’on se surprend à répéter avec la chanteuse, comme un rituel), A Man Is Not His Song, The Wind, la berçante Baby Be Simple, I’m Not Running Away et la finale Young Up. Presque tous resteront plus en tête que I Wish I Didn’t Miss You, et certains contiendront bien quelques surprises. Dans le cas de A Man Is Not His Song, le build-up est tellement puissant que l’artiste a jugé bon de rendre la chanson moins attrayante en ajoutant une partie de heavy métal à la fin qui sort de nulle part.

Parmi les morceaux plus «rentre dedans», on compte essentiellement sur l’entraînante Century (tout particulièrement au refrain), où la voix de Jarvis Cocker (Pulp) se fera entendre à l’approche de la fin. Bien qu’il casse un peu le rythme, il faut reconnaître qu’on a affaire ici à un des morceaux les plus efficaces de l’album. Dommage qu’on ait coupé la chanson de façon aussi inélégante brusque… un autre petit détail qu’on devine ajouté volontairement pour que la chanson ne soit pas «trop» attirante!

L’album Pleasure est plutôt long : 53 minutes en 11 pistes. Beaucoup de morceaux lents, qui prennent leur temps, mais qui font leur chemin dans nos oreilles et qui gagnent en saveur à chaque écoute. Leslie Feist a un talent immense; on le sait et elle le sait, et il semble que chaque «faux-pas» sur l’album soit calculé. Est-ce pour être sûr que l’album ne devienne pas trop radio-friendly trop rapidement? Difficile à dire. Dans tous les cas, c’est déstabilisant, mais ça mérite une bonne écoute, puisqu’il y a de bien belles choses à entendre ici.

À écouter : Pleasure, A Man Is Not His Song, Century

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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