After Laughter – Paramore

Sorti le 12 mai 2017

Pour certains puristes, Paramore a cessé d’être Paramore le jour où les frères Farro ont claqué la porte, après le troisième album. Le sommet n’avait jamais pu être égalé après Riot! et l’album Paramore marquait un virage peu convaincant à nos oreilles. Voilà que le groupe mené par Hayley Williams se lance dans la synthpop avec After Laughter. Amateurs du groupe de la première heure : cessez de lire tout de suite, il n’y a rien à voir ici.

On se doutait que le groupe ne pourrait pas rester indéfiniment dans sa vibe emo-pop-punk de ses débuts, mais nous sommes à des années-lumière de ce qu’était le groupe il y a une douzaine d’années seulement. Hard Times, première chanson de l’opus, en plus d’être considéré assez bon pour être un single, a des sonorités pop tropicales (notamment dans les percussions clichées) et des effets sonores commerciaux à souhait, allant jusqu’aux voix à la Daft Punk. Bienvenue en 2017. Le problème, c’est que cette première chanson est tout à fait représentative de l’album After Laughter. Rose-Colored Boy suit le même mouvement, avec des refrains pop bonbon. La première piste à offrir un refrain plus «subtil» est Told You So, même si on abuse encore des sonorités bonbon, proches du new wave des années 80.

La douce (et franchement pas très enlevante) Forgiveness risque de devenir de la musique d’ascenseur d’ici quelques années. Quant à Fake Happy, si on oublie l’intro, on finit par toucher quelque chose sous les couches de paillettes, il suffit d’être patient. Une autre pièce douce, 26, rappelle beaucoup l’esprit de Bruises par Train, si on faisait une version acoustique plus lente. Quand même très réussi, surtout qu’on s’éloigne enfin des synthés qui envahissent un peu trop chacune des pistes.

Après un départ difficile, Pool finit par être accrocheur; c’est un problème que la plupart des chansons plus intéressantes ont sur cet opus (ajoutons Idle Worship dans le même panier). Cette chanson offre une pop-rock somme toute convaincante, quoiqu’un peu trop chargée. Étrangement, même si Grudges se rapproche un peu du son des précédents albums de Paramore, elle passe presque inaperçue sur cet album. Peut-être un mauvais placement?

La chanson Caught in the Middle semble représenter l’idée que je me fais du nouveau son de Paramore : «No, I don’t need no help / I can sabotage me by myself», chante Williams. Elle a bien raison.

Oublions immédiatement No Friend, et passons à la finale Tell Me How, où le piano (pas le synthé!) prend la place. Une instrumentation plus new wave reprend un peu le dessus en seconde moitié de la chanson… dommage, on aurait bien voulu finir sur une note différente!

Disons-le ainsi : Paramore ne devrait plus exister depuis belle lurette. Le band est reconnu pour ses déchirements à l’interne et ferait mieux d’assumer que ce qui fonctionnerait, c’est un projet simplement au nom de Hayley Williams. Sa voix est la seule chose de constante dans cette formation et c’est franchement la seule raison qu’on a de vouloir continuer à écouter ce qu’a à offrir Paramore, même si le groupe, dans les faits, a perdu son âme il y a longtemps. En tant que tel, la musique n’est pas complètement horrible : si un nouveau groupe assumé versant dans la synthpop commerciale, ça aurait certainement un certain succès. Ici, on a juste l’impression que des musiciens de talent se prostituent. Quel gâchis…

À écouter : Told You So, 26, Pool

5,9/10

Par Olivier Dénommée

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