Big Beets – Martin Goyette

Sorti le 26 mai 2017

Pour plusieurs, Martin Goyette a été découvert en 2016 avec La Voix, alors que dans les faits, il roule sa bosse depuis longtemps, offrant un gros blues aux accents soul avec une voix plus que distinctive. Le voilà qui lance un second album en carrière, intitulé Big Beets, où il assume pleinement ses influences.

Bon, déjà, il faut apprécier la voix de Martin Goyette. La qualifier de rauque est un grave euphémisme. Il chante toujours avec sa voix dans le tapis, et c’est sa marque de commerce. C’est ce qui ressortira principalement de la première piste, St-John Morning Blues. Par contre, on ne la retiendra pas outre mesure. On se souviendra davantage de la suivante, Night Out, où il se donne un semblant de répit, accompagné par une musique assez convaincante. Mention aux lignes de guitare qui ajoutent beaucoup ici.

Passons très rapidement sur la seule chanson en français de l’album, la terrible Mirza. Difficile de dire si Goyette a plus de difficulté à bien rendre une chanson en français ou si c’est seulement la chanson en particulier qui est mal écrite. Il faut dire que la suivante, Rolling, manquait aussi d’un petit quelque chose : de nuances, principalement.

Plus funky, la formule de As Long as We’re in Town fonctionne plutôt bien et change le mal de place. On aurait apprécié une voix moins rauque à l’occasion, mais l’enrobage réussit à faire pardonner davantage les faiblesses du chanteur. Ça fonctionne aussi plutôt bien pour Bottle of Champagne, quoiqu’on s’en lasse un peu vers la fin de la chanson. That’s the Way She Does It revient à un blues plus pur, où on peut apprécier son talent à l’harmonica. S’ensuivent d’autres solos aussi plutôt convaincants. Oublions No More Room, presque irritante tellement le timbre de Goyette clashe avec l’ensemble, pour retenir Free Love, beaucoup plus agréable avec un retour au funk, même s’il y a parfois des montées de trop, surtout vers la fin. Parlant de fin, on conclut le tour avec Unwind, un parfait mélange de sensualité et d’intensité. Le refrain est presque grinçant, mais dans le contexte, ça passe quand même mieux que la plupart des chansons de l’opus. Par contre, elle dure beaucoup trop longtemps : au lieu de presque 8 minutes, 5 auraient amplement suffi.

La force de Martin Goyette, sa grosse voix facilement reconnaissable, est malheureusement aussi son pire ennemi sur album. Elle n’ose pratiquement aucune nuance et créera un irritant pour bien des oreilles après une longue écoute. C’est bien dommage parce qu’en spectacle, l’artiste est une véritable bête de scène, et sa présence est tellement efficace qu’on se laisse plus facilement embarquer. Dans le cas de Big Beets, il plaira essentiellement aux fans hardcore de gros blues rauque et à ceux qui suivent l’artiste depuis un certain temps déjà. Va-t-il gagner beaucoup de nouveaux amateurs avec cette sortie? On se garde une petite réserve là-dessus.

À écouter : Night Out, As Long as We’re in Town, Free Love

6,8/10

Par Olivier Dénommée

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