Théâtre magique – Lucioles

Sorti le 2 juin 2017

Le nom de Guillaume Martineau devient de plus en plus connu ici comme étant un pianiste et compositeur à surveiller de près. Cela se confirme avec un nouveau projet ambitieux : Lucioles, offrant de la musique instrumentale à prétention cinématographique. Le premier album du collectif, Théâtre magique, explore plusieurs avenues, souvent réussies, parfois curieuses à l’oreille.

La gare nous introduit à l’ambiance de Lucioles. D’abord, tout en douceur, puis grimpe en intensité. C’est fait graduellement, sans brusquer, mais si on trouve que le début manque de volume dans le mix, ça se pourrait que vous soyez surpris dans les dernières secondes tellement le son devient élevé. Tout y est pour créer l’ambiance voulu, incluant bien sûr des cordes et des cuivres.

Si cet album reste dans le même registre tout le long, on est en affaire! Ce n’est malheureusement pas le cas, comme on change immédiatement de genre, y allant de l’évocateur titre Garde-fou, où on s’imagine un savant fou travailler sur une création impossible sur une musique plus énergique aux sons pas toujours conventionnels. Le clash est énorme. Surtout que l’on revient à quelque chose de plus contemplatif (surtout avec l’ajout de chœurs) avec Film noir.

Exorde ne dure même pas une minute, mais semble faire office d’une brève interlude/berceuse au piano avant l’énergique Blazing Quasi-Stellar Radio Sources (Blazars) (un nom comme ça, ça ne s’invente pas). Ce titre se rapproche plutôt d’un jazz-rock assez efficace. Enlevons une partie trop tendue pour rien et on a en fait affaire à un petit bijou musical. S’ensuit la pièce-titre Théâtre magique. L’ambiance se rapproche cette fois davantage du cirque, avec une accelerando continuel de 4 minutes : c’est assez vertigineux à la fin!

Un peu de douceur : Prélude rustique, proche du minimalisme impressionniste au piano, puis Chemin de retour, où s’ajoutent doucement d’autres instruments pour complimenter les mélodies au piano, font particulièrement du bien aux oreilles. Obsidienne, plus jazzy, n’est pas désagréable non plus, avant de revenir une dernière fois à la douceur, ave Orbes. Un choix parfait pour conclure l’album Théâtre magique en beauté, après de nombreuses variations en intensité.

Selon l’utilisation que vous désirez faire de cet album, la satisfaction va grandement différer : si vous voulez une belle variété et un peu d’ambiance, l’album s’écoute assez aisément. Mais si vous voulez quelque chose de relaxant, enlevez à peu près toutes les pistes trop intenses, qui vont un peu (parfois beaucoup) briser cette ambiance. Cela reste un album contenant de très, très belles compositions bien ficelées, mais vouloir ratisser trop large n’a pas eu que des effets positifs. Enfin, la table est mise pour une éventuelle suite à cet album très coloré.

Vous pouvez entendre et vous procurer l’album sur Bandcamp.

À écouter : La gare, Chemin du retour, Orbes

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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