Fratres – Arvo Pärt

Interprété par Tasmin Little, Martin Roscoe, Richard Studt et le Bournemouth Sinfonietta

Sorti en 1994

Le compositeur estonien Arvo Pärt est principalement associé au courant de la musique minimaliste, en plus d’écrire sur des thèmes généralement religieux… sans tomber sans le cliché associé à nos églises catholiques. Parmi ses œuvres les plus jouées, notons Fratres (1977) et Spiegel im Spiegel (1978), qu’on peut entendre à diverses sauces. On s’intéresse ici à une version parue en 1994, enregistrée par Tasmin Little (violon), Martin Roscoe (piano), Richard Studt (direction) et le Bournemouth Sinfonietta.

C’est à la pièce-titre Fratres de démarrer l’album, dans son style tintinnabuli («clochette» en latin), justement inventé par Pärt. Joué avec précision par Little, la pièce de plus de 11 minutes évoque bien des émotions, souvent très introspectives, parfois plus tendues. Le violon et le piano suffisent amplement pour susciter toutes ces émotions. Cantus in Memoriam Benjamin Britten suit, avec une version extrêmement lente, mais chargée émotivement. On arrive au même résultat avec Summa, avec légèrement plus de variations dans le rythme. Il suffit de fermer les yeux et d’apprécier le moment.

Parlant l’apprécier le moment, le mémorable Spiegel im Spiegel suit. Voulant dire «le miroir dans le miroir», on comprend le désir de Pärt de composer quelque chose de plutôt symétrique, mais surtout idéal pour la réflexion. Si plusieurs versions de la pièce existe, la plus commune met de l’avant le piano et le violon, comme ici. Malgré ses 8 longues minutes, on en redemanderait davantage de Spiegel im Spiegel sans surprise une de ses compos les plus reprises.

Festina lente rappelle l’esprit de Summa, mais sans son efficacité, et Tabula Rasa, composition en deux parties qui est un véritable pivot dans l’écriture de Pärt, vient en clôture d’album. I. Ludus est encore très chargé, avec un son parfois tendu qui tranche avec son minimalisme. II. Silentium, plus modéré, fait bien plus plaisir aux oreilles, même si on sent encore une écriture chargée. Une autre pièce aurait pu être plus judicieuse pour la fin, plutôt que simplement finir avec la plus longue (16 minutes), mais c’est une lacune commune en classique.

Cet album ne met peut-être pas les plus grands noms du classique pour reprendre un des compositeurs encore vivants parmi les plus joués au monde, mais l’interprétation est honnête et contient assez de bons éléments pour nous ouvrir à la musique d’un nom qu’on aurait intérêt à retenir.

À écouter : Fratres, Summa, Spiegel im Spiegel

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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