Imaginary Life – Traces

Sorti le 8 juillet 2016

Trio montréalais mélangeant indie-pop psychédélique, post-punk et shoegaze (entre autres), Traces a lancé en 2016 Imaginary Life d’une durée de 23 minutes, soit un long EP. Cette durée nous suffit pour que le groupe réussisse à nous faire voyager dans son univers bien particulier.

Traces participe au mouvement des groupes où la voix est confiée à deux chanteurs, homme et femme. La première qu’on entend est la masculine, extrêmement enlevante, sur fond plutôt saturé, dans Just Pretend. L’entrée en matière est solide et n’en fait pas trop, et on assume pleinement le côté psychédélique et shoegaze du trio. On accélère un peu le tempo sur Cross Over et on laisse cette fois la voix féminine se faire entendre. Force est d’admettre que sa voix est encore plus envoûtante, et que malgré les épais effets ajoutés, on se laisse charmer par ses mélodies.

Si aucune des deux premières pistes ne dépasse la barre des 3 minutes, la chanson-titre Imaginary Life ose un morceau lent de plus de 6 minutes. On tente bien un certain build-up, mais ça n’a certainement pas le même mordant que les morceaux déjà plus rapides. Ceci étant dit, on sent que la chanson représente bien la pochette, justement signée Kerri Landry (la chanteuse) de par son côté flou et rêveur. À l’opposé complètement de cette chanson, la piste Crystal Clear offre un son beaucoup plus pop «propre», plus facile à apprivoiser pour l’oreille. Surtout, symboliquement, on passe de «l’imaginaire» au «très clair». Voulu ou non par le trio, cette transition demeure très intéressante.

Verlainer prend une sonorité qui n’est pas sans rappeler les Corridor de ce monde, même qu’on ne comprend franchement pas grand-chose de ce que le chanteur exprime. On a un problème similaire dans Explain, où on perd la voix dans le mix. On dirait que Crystal Clear a augmenté notre désir de comprendre ce que Traces a à nous dire, même si le genre est réputé pour son côté saturé.

Bon, on se plaint, mais il faut reconnaître que ce EP fait franchement du bien pour les oreilles. Il a ce petit quelque chose qui nous convainc de laisser aller le morceau et de juste profiter du moment comme il vient. Il y a bien quelques points qui auraient pu être améliorés par le trio, mais tout coule tellement bien qu’on se dit que ça sera pour la prochaine fois de toute façon. Seule demande : continuez à exploiter brillamment la voix de Kerri Landry, qui en a fait tomber plus d’un en amour.

L’album est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Cross Over, Crystal Clear

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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