21 – Adele

Sorti le 24 janvier 2011

Le concept est clair maintenant : Adele Adkins aime nommer ses disques selon l’âge qu’elle a lors de leur enregistrement, se gardant ainsi des concepts rocambolesques parfois liés aux titres d’album et, se faisant, la jeune musicienne se laisse une très grande liberté quant aux thèmes et styles exploités dans ses différents projets. Évidemment, 21 s’est fait une réputation depuis le temps, celui des cœurs brisés. Et c’est véritablement lors de la parution de cet opus que le grand public a découvert cette grande voix britannique, encore discrète, qu’est Adele.

Ayant vécu une séparation difficile dans les mois précédents, l’auteure-compositrice-interprète se met à l’écriture d’un nouvel album avec cette fois-ci différents collaborateurs (Paul Epworth, Ryan Tedder, Jim Abiss, Dan Wilsonqui, Rick Rubin, Fraser T. Smith) qui mettront la main à la pâte pour faire de chaque pistes une petite merveille. Le tout s’amorce avec la très populaire Rolling in the Deep qui charme véritablement grâce à son style particulier. Ses accents pop-blues donnent le ton à cet album coloré et font changement de ce que l’on entend depuis quelques années. Adele se fait plus imposante que dans son précédent album, 19, et sa voix en est d’autant plus majestueuse. On entend une mélodie solide clairement travaillée pour mettre en valeur l’instrument brut de la chanteuse. Rumour Has It, qui suit, saura vous titiller aux premières écoutes avec sa mélodie peu orthodoxe. Il faut lui donner du temps, mais vous finirez pas l’aimer, immanquablement.

Turning Tables est l’une des plus belles ballades sentimentales du disque. Le piano prend sa place accompagné d’une solide section de cordes ajoutant un certain lyrisme au morceau qui donne la chair de poule lorsque l’on prête attention aux paroles déchirantes chantées par Adele. Elle est suivie par une plus folk et plus fragile Don’t You Remember qui saura malgré tout prendre sa place. Simplicité et douceur sont au rendez-vous, autant à l’accompagnement instrumental qu’à la voix, qui reste presque sans écarts à la mélodie de base.

On change ensuite complètement de cap avec Set Fire to the Rain et son style pop rock plus assumé. Même si les changements de styles entre les chansons sont très marqués, on sent toujours un consensus principal au niveau des intentions, un peu comme lorsque l’on fait le deuil d’une relation. Ici on peut entendre une certaine rage qui fait, avouons-le, un bien fou. Si l’on continue ce parallèle, la résilience serait représentée par Take It All. La pièce aux allures plus solennelles laisse croire à un hymne qui laisse toute la place à la voix d’Adele ainsi qu’à un chœur de style gospel au refrain, donnant un petit quelque chose de plus à la chanson. Le résultat est tout simplement magnifique et, ma foi, très convainquant! I’ll Be Waiting, qui vient juste après, sera tout aussi intéressante en plus d’être énergique à souhait.

Il ne reste que trois chansons au long jeu lorsque One and Only se fait entendre. Teintée d’un soul profond, la ballade met tout en place pour réussir un effet sur son auditeur conquis d’avance : la mélodie est accrocheuse et on peut y entendre une Adele sûre d’elle, toute en contrôle accompagnée encore une fois d’un chœur gospel qui amène un crescendo d’intensité vers la fin de la chanson doublé d’une modulation juste assez bien placée.

Juste après, une reprise très sobre de Lovesong (The Cure), viendra nous offrir un moment d’apaisement pour nous guider doucement vers Someone Like You, le hit par excellence de l’album, surtout grâce à sa mélodie simple et prévisible qui a su vite plaire aux auditeurs. Il est important de souligner que plusieurs autres pistes de l’album surpassent celle-ci en matière de composition et d’arrangement instrumental. Sans être mauvaise, la chanson en elle-même reste très ordinaire au final.

C’est un succès en tout point que nous offre Adele avec 21. À quelques exceptions près, chaque chanson porte une vibe unique qui fait que chacune d’elles s un petit je-ne-sais-quoi qui nous plaît. Même si cet album donne davantage dans le sentimental que son précédent, Adele y met toutes ses tripes et ça nous touche un peu plus à chaque écoute. Bonus : il s’agît là du meilleur album à écouter si l’on vit une rupture amoureuse.

À écouter : Turning Tables, Set Fire to the Rain, One and Only

8,9/10

Par Audrey-Anne Asselin

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