Loveshit II (Blondie & the Backstabberz) – Jason Bajada

Sorti le 1er septembre 2017

Avez-vous lu les articles et les entrevues parlant du nouvel album de Jason Bajada, intitulé Loveshit II (Blondie & the Backstabberz)? Il y a quelque chose de tragique dans sa vie amoureuse qui a inspiré Bajada pour la création d’une suite à son album Loveshit paru quelques années avant de faire le saut en français. Jusqu’à ce qu’une certaine Blondie lui apporte le soleil pour mieux le lui enlever, lui faisait assez mal pour booster son projet d’album en album double de 20 chansons.

Qu’un artiste se laisse inspirer par ses peines et ses échecs amoureux, on n’apprend rien. C’est ce qui a permis à Adele d’écrire certaines de ses plus belles chansons et à Taylor Swift de lancer autant d’albums. Mais rares sont ceux qui admettent publiquement avoir eu de lourdes pensées suicidaires, assez pour aller en psychiatrie. On comprend vite que Loveshit II a servi de bouée de sauvetage pour l’artiste, qui a clairement vidé ses tripes en studio.

Disque 1 : Blondie

Le premier disque est supposé être la portion plus «joyeuse» de l’album. Supposé, parce que même si certains morceaux sont en fait plutôt entraînants, le propos, lui, est rarement très réjouissant.

La toute première piste, A Collision, nous met dans le bain alors qu’on comprend que le chanteur rencontre et tombe amoureux de celle qui causera sa perte, le tout sur une musique plutôt légère, mais bien orchestrée, à des milles des paroles que chante Bajada. C’est un peu le pari que l’artiste fera, de mettre une musique enlevante pour mieux faire passer ses paroles lourdes. Un peu plus loin vient la chanson-phare de cette première partie : Blondie. On y rencontre la Blondie en question sur une musique rétro très entraînante, suivie de l’extrait Painkiller, se rapprochant du son de The Cure et probablement la chanson la moins déprimante de tout l’opus.

C’est après que ça dégénère : I Believe in Cake, Jojo et Little Yellow Heart montrent la chute du chanteur, qui se demande pourquoi il a été trahi. S’ensuit une série de chansons qui reviennent à l’époque où les choses n’allaient pas trop mal : Back Alley et Let’s Go to the Airport arrivent comme un flashback dans la vie de Jason Bajada, avant de conclure le premier disque avec A Collision (reprise), offrant une relecture de la première chanson en version folk. Pas nécessaire, mais on sent que Bajada boucle un peu la boucle de cette première moitié de Loveshit II.

Disque 2 : The Backstabberz

Oui, ce qu’on a entendu jusqu’à présent était la portion «joyeuse» de l’album. En cas de doute, il suffit de lire les titres de la dernière portion, offrant très peu de subtilité quant à son état d’âme. Commençons par la première : In What World Do You Savages Live Where You Thought I’d Be Cool?, répétant sur une musique lente et déjà un peu déprimante «Cause all I wanna do is die». Ce n’est pas plus jojo avec Backstab Me, Draw a Line, Help Me Feel Nothing at All, Sandman, Time Enough for Him ni What’s Worse. La surenchère de déprime arrive avec les trois derniers titres de l’album, You Had Me at ‘I’m Gonna Ruin Your Life’, The Worst Year of My Life et Final Breath. Petite nuance : The Worst Year of My Life offre une lueur d’espoir, signifiant que malgré le calvaire qu’il a vécu, l’artiste est toujours vivant et qu’il ne cessera pas de chanter. Disons que la chanson n’arrive pas trop tôt! Sinon, le reste du second disque est consacré à cette dépression causée par cette histoire qui s’est très mal terminée.

Musicalement, ce disque est généralement plus dépouillé et plus sombre, et colle un peu plus aux paroles, mais sans tomber dans le folk sombre et presque dépressif à la Will Driving West. Autant on apprécie la cohésion de cette seconde moitié d’album, autant on sent qu’on aurait eu besoin de respirer un peu plus et de changer le mal de place à quelques endroits. Il y a bien quelques morceaux plus entraînants comme Backstab Me et Draw a Line (qui rappelle beaucoup l’esthétique de la version Ryan Adams de l’album 1989, autre album inspiré par un heartbreak), mais, définitivement, la portion «Backstabberz» de l’opus sera plus aride à écouter, surtout si vous vous reconnaissez dans le sujet.

Dire que l’album Loveshit II (Blondie & the Backstabberz) est intense est un understatement en soi, alors que Jason Bajada offre probablement son matériel le plus sincère en carrière. Il ne s’est pas censuré dans ses textes et, bien qu’il répète souvent les mêmes idées d’une chanson à l’autre, il arrive à offrir un album de 72 minutes captivant qui donne franchement envie de voir comment il le défend sur scène. Par contre, si vous vivez actuellement une rupture difficile, écoutez l’album à vos risques et périls.

À écouter : Disque 1 : A Collision, Painkiller // Disque 2 : Draw a Line, The Worst Year of My Life

7,8/10

Par Olivier Dénommée

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