Les femmes comme des montagnes – Philémon Cimon

Sorti le 26 février 2016

C’est dans une musique ludique que Philémon Cimon évolue dans ce troisième opus, Les femmes comme des montagnes. L’auteur-compositeur-interprète se prête au jeu de la pop au cours de ces 59 minutes particulièrement colorées, remplies de hauts et de bas. Parcours de ce troisième album paru en février 2016.

Je t’ai jeté un sort marque un bon départ avec ses sonorités exotiques, rappelant vaguement notre dernier voyage dans le sud. Très rafraîchissant, il est suivi par un Démon crié beaucoup plus lourd musicalement, qui l’est tout autant au niveau du texte. La guitare électrique est nettement plus présente que dans la piste précédente, ajoutant la profondeur nécessaire au morceau pour lui donner toute son obscurité.

On poursuit avec l’intro très rock ensoleillé de Toi jeune fille qui, malgré ses paroles un peu incompréhensibles par moments, rassemble tous les éléments d’un bon tube pop avec son refrain particulièrement accrocheur. À la voix, Cimon n’est pas impressionnant mais affiche une assurance certaine qui ne laisse pas douter un instant de son aisance au micro.

Drôle d’idée que de placer Vieille blonde juste après un aussi joli morceau que Toi jeune fille. La récurrence du «vieille blonde» aux couplets est franchement agaçante et brise la pourtant très jolie mélodie ascendante menant au refrain qui, lui, s’écoute déjà beaucoup mieux. Quelques titres plus loin, c’est La musique qui attire notre attention (ou pas) avec sa platitude évidente en comparaison aux autres chansons du disque. Monotone? Manque de punch? Clairement une de ces deux raisons là (ou les deux).

Passons maintenant à Sur la ville, dont les premières trente secondes ne peuvent faire autrement que rappeler Encéphaline de Les Louanges (même si celle-ci est parue plus d’un an plus tard). Après ce délai par contre, la chanson prend un tout autre tournant pour se rapprocher de cette ambiance exotique que dégageait Je t’ai jeté un sort en début d’album, et ce n’est pas mauvais du tout! Cimon quitte ensuite la bonne humeur pour laisser place à Comme une fontaine, jolie ballade côté musical avec son accompagnement plus épuré, mais qui aurait par contre mérité un petit ménage du texte (qui a tendance à être très simpliste par moments).  

Ces montagnes (Y déjà) part le party avec l’ajout d’une section de brass festive qui réussit certainement à hausser le ton d’un cran. On peut dire que Philémon Cimon a tout donné dans ce morceau ficelé avec brio, comparable à ce qu’a pu faire Michel Fugain avec certaines de ses plus populaires chansons. On aurait honnêtement pris plus de ce genre de numéro, qui sied à merveille à l’auteur-compositeur-interprète.

La douce valse électrique, Ève, s’écoute bien juste avant de terminer l’album (régulier) avec la désolante Des morts et des autos, qui termine très mal l’opus. Premièrement, sujet très sombre et difficile pour clore un album si coloré et relativement empli d’une esprit de fête avec cette pièce traitant de «mort traînant dans un stationnement» ou encore d’«un mort dans le ventre de sa maman». Même si le propos est camouflé sous une instrumentation country folk pas trop mal, il reste toujours présent, lourd et mal présenté.

Version deluxe

Quatre pistes nous sont offertes en bonus sur la version deluxe de l’opus. On commence avec Verre cassé, qui se serait franchement mérité une place dans la version originale. Le violon ajoute une texture intéressante à la musique de Philémon Cimon qui se donne des airs de pop orchestrale dans ce morceau très agréable à écouter. Même si La passion est plus quelconque, Le lendemain, une berceuse nous fait découvrir une facette plus vulnérable du chanteur, que seul Comme une fontaine avait pu nous laisser entrevoir un peu plus tôt. Puis finalement, un D’ici à Venise, un peu plus sobre et qui ne se démarque pas particulièrement, malheureusement, mais qui clôt déjà mieux l’album que dans sa version régulière avec Des morts et des autos.

Un bon mélange de bons et de mauvais coups pour Les femmes comme des montagnes, ça ne fait aucun doute. Ça laisse surtout sentir que Philémon Cimon ne savait pas trop quel style aborder et réussir à en maîtriser un à son maximum fut difficile. Malheureusement pour lui, les bonnes chansons se font rapidement éclipser par les moins bonnes qui sortent du lot beaucoup plus que ce que l’on voudrait. Dommage…

Il est possible d’écouter cet album (du moins en version régulière) sur Bandcamp.

À écouter : Je t’ai jeté un sort, Toi jeune fille, Ces montagnes (Y Déjà) // Deluxe : Verre cassé

7/10

Par Audrey-Anne Asselin

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