Beyond Borders – Jesse Cook

Sorti le 15 septembre 2017

On se souvient du virage entamé par le Canadien Jesse Cook en 2015, avec son précédent album One World. On y découvrait un amoureux du monde, qui transcendait les frontières musicale d’une chanson à l’autre. Il répète la formule dans Beyond Borders.

Étrange : autant cette proposition m’avait charmée il y a deux ans, autant celle-ci fut lente à apprécier. Pourtant la «recette» est presque identique, à la différence qu’on laisse davantange d’espace à la musique électronique. On perd, semble-t-il, ce côté organique de la musique de Cook, du moins dans certaines pièces.

La pièce-titre Beyond Borders nous introduit vigoureusement à l’album. C’est tout d’abord la guitare de Cook qu’on entend, rapidement suivi par des percussions et quelques voix. Jusqu’ici, on reconnaît l’intention world, mais il y a une chaleur qu’on sent un peu moins que par le passé. L’arrivée de sons électroniques ajoutent une lourdeur supplémentaire à l’ensemble, même s’ils contribuent au build-up de la pièce.

Il semble qu’on retrouve cette chaleur dans Hembra, juste après. Les guitares y reprennent aussi beaucoup leurs droits, même si la mélodie est principalement jouée par une flûte. La douce Unchosen se fait berçante, avec, cette fois, une mélodie poignante jouée au violoncelle (sauf erreur).

To the Horizon nous ramène à l’énergie de la première piste, mais avec plus de succès. Les percussions électroniques ne minent pas trop l’ensemble et la mélodie, quoique très simple, reste en tête. La seconde partie de la pièce quand même aurait méritée d’être raccourcie plutôt que de laisser la place aux instruments électroniques. Ensuite, Lost propose une mélodie familière dans un registre très proche de celui de Unchosen, mais n’arrive pas à venir nous chercher autant que dans cette dernière.

L’énergique Double Dutch prend un certain temps pour véritablement devenir intéressante. Quant à Skip the Moon, ce maillon faible de l’album aurait mieux fait d’être skippé, justement – on ne peut pas réussir à tout coup à composer des chefs-d’œuvre, après tout. S’ensuit The Toll, de retour à la douceur guitaristique, ce qui n’est pas pour déplaire. Puis Call to Rhythm propose un morceau plus lourd, qui reprend une mélodie d’une grande simplicité, un peu comme dans To the Horizon, l’énergie en moins.

Above the Rain nous laisse croire à un autre retour à la lenteur, avant d’évoluer vers quelque chose de plus chargé mais de tout aussi beau. A Mi Nina nous ramène quant à elle au son de la guitare de Jesse Cook en solo. Le tout se termine avec Wisdom of a Thousand Years, qui ramène les voix qu’on entendait en début d’album. L’idée n’est pas mauvaise, mais dans un album instrumental comme celui-ci, on s’intéresse bien peu à cet ajout, qui arrive d’ailleurs un peu trop tard.

Au final, on réalise que l’album en lui-même contient beaucoup de belles pièces, mais que les mauvais éléments réussissent à prendre le dessus et à miner l’expérience, autrement presque aussi satisfaisante que dans One World. Parmi les faiblesses de Beyond Borders, ajoutons le fait que les titres sont pour la plupart moins explicites, ne contribuant pas à alimenter notre imaginaire sur les inspirations de Jesse Cook lors de sa composition.

À écouter : To the Horizon, The Toll, Above the Rain

7,3/10

Par Olivier Dénommée

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