Chromatique – Clément Jacques

Sort le 29 septembre 2017

Le parcours du Saguenéen Clément Jacques est fort intéressant à suivre, lui qui a livré trois albums extrêmement différents les uns des autres, ce qui lui a valu de nombreuses éloges au fil des années. Pour sa quatrième offrande, il s’amuse avec le concept des couleurs : chaque piste serait associée à une couleur différente. Par contre, on n’a pas tout cuit dans le bec, puisque les couleurs en question ne sont pas incluses dans le titre des chansons.

Le dossier de presse de Clément Jacques nous prévient que le son de Chromatique se rapproche de celui de Maréographe, son second opus. C’est donc dire qu’on flirte avec le folk et le pop-rock. La première chose qu’on entend, c’est cette musique d’ascenseur/introduction qu’est Prenez un numéro. Ce n’est pas désagréable, mais on se demande temporairement si on écoute le bon album. S’ensuit L’amour steady, nous rassurant aussitôt avec un folk bien senti au refrain chantant.

L’extrait Entonnoir est un bon choix pour faire connaître l’album, offrant des sonorités pop rock bien dosées et très accrocheuses qui ne demandent qu’à être écoutées en boucle. Clément Jacques s’est surpassé dans certains de ses refrains avec cet album, puisqu’il répète l’exploit sur d’autres pistes comme Soleil, et même Héroïne, dans un registre plus grunge. Mais entre les excellents morceaux finissent par se glisser quelques pièces qui laissent plus indifférents. L’aura, en fait partie. Même la sombre Révolveur laisse des sentiments mitigés malgré des arrangement très réussis (et des lignes de sax bien senties).

Puis il y a Calisse. Douce chanson mettant de l’avant piano et synthés, le propos frappe davantage avec le chanteur qui répète que «tu t’en calisses». La chanson est même accompagnée de Calisse (suite), un seconde partie plus folk. Des nuances supplémentaires auraient franchement pu ajouter quelque chose, alors que ça semble seulement puncher au premier degré.

Après ce qui semblait être un passage sombre et plus tortueux de l’album, on revient à la musique pop rock énergique avec Casse-tête. Même L’asile, moins rythmée et revenant dans un registre plus sombre, peut presque entrer dans cette catégorie avec des mélodies somme toutes assez fortes. Cela aurait pu conclure l’album sans problème, mais on a plutôt préféré y ajouter une pièce instrumentale ambiante de fin, Leitmotiv. Inutile, malheureusement.

Si on sent une baisse de régime à divers endroit, mais en particulier en milieu d’album, c’est probablement à cause de la force des meilleures compositions de l’opus, qui font sérieusement ombrage à tout le reste. Car à par quelques pistes très secondaires, aucune chanson de Chromatique n’est complètement désagréable à écouter, tant que le mood est bon. Peut-être que dans le contexte des différentes couleurs auxquelles elles sont associées (que l’on ne se risquera pas d’essayer de deviner), les pistes plus faibles prennent un autre sens? Ce sera à vérifier, mais a priori, cela donne quand même l’impression d’une certaine inégalité qui en dérangera quelques-uns.

À écouter : Entonnoir, Soleil, Casse-tête

7,3/10

Par Olivier Dénommée

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