Le pain, le pays, la paix – Benoît LeBlanc

Sorti le 1er novembre 2017

L’auteur-compositeur-interprète Benoît LeBlanc fait partie de cette mouvance, moins connue, qui tente de mettre le texte devant les mélodies et les arrangements. Dans cette marée de chanteurs «à voix», celle de cet artiste semble s’inspirer davantage de ce qui s’est fait de l’autre côté de l’Atlantique dans son 5e album Le pain, le pays, la paix.

Le projet est, disons-le, ambitieux : 21 pistes, donc 18 chansons et 3 poèmes le composent. La première, Cassandre, laisse immédiatement entendre son côté proche de Georges Brassens, avec une mélodie extrêmement simple, mais où les paroles et le rythme du texte sont primordiaux. Il tente quelque chose de plus mélodique avec la chanson-titre Le pain, le pays, la paix, mais on entend un peu trop les faiblesses dans sa voix pour pleinement l’apprécier.

S’ensuit le premier poème de l’album, L’oie sauvage. Comme LeBlanc s’intéresse surtout à la qualité des textes, ça passe relativement bien, du moins les premières fois… ensuite, on aura tendance à passer à la prochaine piste. Les deux autres poèmes de l’album sont La jonglerie de la Chouette (ceci étant dit, impressionnante énumération) et Les pépites et souffriront du même problème.

Plutôt que de passer le reste du long album piste par piste, voici une petite liste des différents registres abordés par l’artiste :

  • Les chansons où il tente d’apprivoiser différents registres particulièrement éclatés, avec un succès parfois mitigé. Trouvère, plutôt solennelle, nous donne des impressions presque moyenâgeuses, alors que Grand oiseau ressemble à du Pagliaro qui s’adonne à un rockabilly trop doux. Quant à Cette nuit j’ai fait un rêve, on imite une chanson trad… auquel s’ajoute un solo de trompette jazz à la fin.
  • Les pistes «rigolotes» qui seront drôles un moment mais qu’on sautera systématiquement ensuite. Mention à Griot («Trop vieux, mon vieux»), et tout particulièrement à Ram stram slam, une terrible idée qui n’aurait pas dû voir le jour.
  • Quelques morceaux folk, généralement assez réussis. C’est le cas de Pour ne rien perdre de l’été, de L’orphelin et, plus loin, de Constance, mais un peu moins accrocheur dans Mes chemins et L’oie.
  • Plusieurs belles ballades au piano, incluant Lunelle, L’île de Pâques (un peu longuette, mais qui a un propos qui n’est pas sans rappeler l’esprit de Philippe B), Ribauds, Bourgeois en fleur (drôle d’idée d’ajouter de la guitare), Marie-Claire (qui explore le chant bilingue et l’utilisation d’une choriste, en plus d’avoir des textes qui rappellent énormément Au clair de la lune). La toute dernière chanson de l’album, La riviève, tombe aussi dans ce registre, avec une finale qui donne le dernier mots aux émotions et à la choriste.

On parle ici d’un très long album, de tout près de 70 minutes, qui teste différentes avenues. Somme toute, on retient une tendance plus folk au début et une formule piano-voix pour la fin, et on oubliera assez vite les quelques intrus qui se sont faufilés dans l’ensemble. Du côté des textes, on remarque plusieurs exercices de styles, où on concentre la quasi-totalité des rimes sur une syllabe en particulier. Cela peut donner de drôles de résultats, en plus de ne pas paraître très naturel à l’oreille.

Un éventuel prochain album de Benoît LeBlanc mériterait d’être condensé et devrait préciser davantage son approche, histoire de ne pas trop perdre l’auditoire qui ne saura pas trop où se mettre. Cela reste un excellent exercice, mais qui manque de constance pour rester véritablement en tête.

À écouter : Cassandre, L’île de Pâques, La rivière

6,6/10

Par Olivier Dénommée

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