Le silence des troupeaux – Philippe Brach

Sorti le 3 novembre 2017

Son fanbase au grand complet ressentait un certain stress quand il a lancé une vidéo où on le voyait travailler de la musique dans un registre pop avec 2frères, Paul Daraîche, Louis-Jean Cormier et Klô Pelgag. Finalement, il n’en était rien, et on a de nouveau droit à un Brach éclaté dans ses thèmes et qui ose aller dans l’orchestral. Plongeons donc dans ce troisième album studio, Le silence des troupeaux.

La pièce-titre laisse toute la place à l’Orchestre de l’Agora qui interprète un morceau classique extrêmement tendu. On comprend que Brach a marché dans les pas de son amie Klô Pelgag, qui a elle-même fait le saut vers la musique accompagnée d’un grand orchestre avec L’étoile thoracique et qui lui a drôlement souri. Ce coup-ci, l’intro à l’album ne laisse aucunement deviner ce qui nous attend.

La fin du monde, juste après, propose de revenir à des sonorités plus naturelles pour l’auteur-compositeur-interprète, à la différence qu’on y entend quelque couches supplémentaires, plutôt réussies. On retrouve ensuite Brach dans toute son excentricité dans La peur est avalanche. La grande majorité de la piste n’offre pas particulièrement de surprise si on connaît l’artiste, mais la fin tombe dans un registre non loin de l’opéra rock.

Après Mes mains blanches qui ne marquera pas particulièrement avec son côté blues, on passe à la chanson potentiellement la plus commerciale de l’opus, Pakistan. La petite ballade sentimentale à la guitare est très réussie, et encore plus quand on sait que l’artiste y a passé véritablement 2 mois.

S’ensuit Rebound, au succès très d’actualité dans lequel plusieurs se reconnaîtront. Le traitement, en revanche, est très particulier : la première moitié est essentiellement a capella, avec une intervention d’une chorale en plein milieu, avant de passer au folk. Cantique de l’abandon suit avec un interlude instrumental franchement inquiétant qui mène à la pourtant très douce Tu voulais des enfants, chargée avec plusieurs belles lignes de cordes.

Un autre morceau essentiellement a capella se fait entendre : La guerre (expliquée aux adultes), suivi de la finale… Joyeux anniversaire. Par contre, au lieu d’une chanson très joyeuse et bon enfant, Philippe Brach signe une composition sombre qui finit l’album sur une drôle de note, quoique l’effet est très réussi. Personne ne doit se sentir particulièrement bien en finissant d’écouter l’album Le silence des troupeaux, et c’est très correct comme ça.

L’album se défend relativement bien, une fois qu’on a apprivoisé ses chansons plus corsées, mais pour répondre à la question qui tue – est-ce que c’est meilleur que Portraits de famine? –, on a tendance à dire que non, parce qu’on ose davantage nous balancer des sonorités extrêmement tendues dans les oreilles sans plus de préparation, et parce qu’il est encore moins grand public que sa précédente sortie qui n’était déjà pas la chose la plus accessible qui soit. Le silence des troupeaux demeure intéressant, mais ne s’écoutera jamais aussi bien. PS : à éviter lorsque vous vivez déjà une situation stressante, car cela pourrit décupler l’effet et mettre à l’épreuve votre petit cœur. Vous êtes prévenus.

À écouter : Pakistan, Tu voulais des enfants, Joyeux anniversaire

7,3/10

Par Olivier Dénommée

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