Tarmacadam – Les Tireux d’Roches

Sorti le 24 novembre 2017

Voilà une vingtaine d’années que le groupe trad Les Tireux d’Roches est dans le paysage québécois. Pour souligner le coup, il lance son sixième album, Tarmacadam, qui regroupe une musique résolument traditionnelle et des textes inspirés ou carrément tirés du folklore. Ça marche, mais le hic, c’est qu’on ne réinvente rien, alors qu’on a affaire à un registre musical où on fait assez rapidement le tour.

On ouvre l’album avec Le mariage des gueux. Tout y est : la musique, la podorythmie, les harmonies vocales et les paroles qui suivent un pattern très précis. «J’ai ceci, mais je n’ai pas cela», et ainsi de suite. Ça reste bien fait, mais le bémol surgit quand on entend Il est grand temps plus loin, qui reprend presque exactement la même formule. «Nous n’avons pas ceci, mais nous avons cela».

L’entraînante chanson à répondre Camarades remonte quelque peu la barre, racontant une petite histoire. Cependant, ce sont plus les petites portions instrumentales qui volent la vedette. S’ensuit un morceau un peu plus lent, La traversée des amants, qui nous ramène à l’époque de la Nouvelle-France. Mention, une fois de plus, à la partie instrumentale de la fin, qui ajoute à l’ensemble. On sent qu’on ne s’éloigne pas trop de cette époque dans St-Laurent (qui se poursuit d’ailleurs dans le long morceau instrumental La suite des grands chemins).

Un album de folklore ne peut avoir lieu sans au moins une chanson à boire. Celle qui remplit ce rôle est La belle et le tonneau. «C’est du vin nouveau, vidons la bouteille / C’est du vin nouveau, vidons le tonneau», entonne le refrain. Dans une moindre mesure, Les Filles des forges aussi parle d’alcool. Autre élément essentiel dans un tel album : un conte qui sert ou non d’intro à une vraie chanson. Conte de la dernière chance frappe fort l’imaginaire et met bien la table pour Tavernier, sur le même thème de la pauvreté. La finale, Wola, offre une conclusion plus folk ludique avec une musique festive et dansante. Bien que ce choix apporte une variante à l’album, on sent une certaine maladresse pour y arriver, surtout que la totalité de l’album n’allait pas dans cette direction du tout.

Ce qui frappe le plus dans l’album, c’est l’espace consacré à la musique instrumentale. Ces passages sont nombreux et généralement très réussis, même si on a surtout affaire à des bouts chantés à travers l’opus. Pour le reste, c’est un album commun dans la plus pure tradition de ce registre musical. Très peu de surprises sont au menu, malheureusement, ce qui diminuera rapidement sa durée de vie avant que vous ayez envie de passer à autre chose, surtout à la fin du temps des fêtes.

À écouter : Camarades, La traversée des amants, La suite des grands chemins

6,8/10

Par Olivier Dénommée

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