La plage – Maxime Gervais

Sorti le 24 novembre 2017

Maxime Gervais n’a pas la réputation de faire dans la musique conventionnelle. Associé à une image de «slacker à la guitare», il s’en éloigne en optant pour une musique électropop minimaliste dans La plage, où les thèmes du sexe et de la drogue sont particulièrement présents, mais pas nécessairement de la façon avec laquelle on est habitués.

La chanson-titre La plage donne le ton avec une intro dramatique suivie d’une musique plus pop terriblement lo-fi. Ce qui déstabilise le plus, ce sont les harmonies vocales très approximatives. Malgré ses défauts qu’on assume volontaires, cette chanson reste aisément une des pièces-phares de l’album. S’ensuit la sombre (et répétitive) Dilaudid Bowie où on parle notamment d’un traitement de canal et d’une drogue qui semble drôlement efficace.

Jusque là, ça se tient quand même. Ça commence à dégénérer à Tension sexuelle, avec une chanson qui n’est pas sans rappeler les prétentions sexuelles de Günther, sans le budget. Plus ça avance, plus c’est malaisant, particulièrement dans la dernière minute et demie de cette chanson trop longue où on comprend qu’il menace une personne au couteau pour obtenir ce qu’il veut. Après Les ados du futur, qui n’a comme seuls défauts son mixage douteux, son côté répétitif et sa mélodie peu mémorable, on passe à un autre moment de grand malaise : la ballade Ton clitoris. La chanson se tient malgré tout très, étant assumée comme une chanson de Gab Paquet en plus cru, mais le bout où on entend une femme jouir à plein volume est franchement de trop.

Columbo est un bel hommage que Maxime Gervais fait au célèbre détective, ajoutant même un passage où il résout un crime. Il est suivi de La cour, belle chanson drôlement efficace. Ces deux chansons sont les bijoux de cet album inégal. On finit ensuite avec Le jeune Maxime, où on entend des enregistrements d’enfants dont une longue partie où ils parlent du «péniss». Malaise? Rappelons qu’on termine le tout sur cette note.

Sans contredit, même si Maxime Gervais change de registre musical, son approche hors norme demeure la même, et il est loin, très loin de vraiment s’adresser aux amateurs d’électropop minimaliste avec cet album. Cela n’enlève rien à ses bonnes idées, mais l’enrobage demeurera très difficile à avaler pour le commun des mortels. Et surtout, n’écoutez jamais cet album à plein volume en famille!

L’album peut être entendu sur Bandcamp.

À écouter : Dilaudid Bowie, Columbo, La cour

5,8/10

Par Olivier Dénommée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s