Sax Zénith – Rémi Bolduc Jazz Ensemble

Sorti en janvier 2018

Ces dernières années, on parle surtout du saxophoniste Rémi Bolduc pour ses projets d’interprétations, le plus récent en date étant consacré au génie d’Oscar Peterson (Swingin’ with Oscar, en 2017). Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il revienne au front avec du matériel original, et il n’y est pas allé à moitié : Bolduc a fait appel à quatre autres des meilleurs saxophonistes à travers le pays – P.J. Perry, Phil Dwyer, Kirk MacDonald et Kelly Jefferson – et leur a donné rendez-vous au Yardbird Suite à Edmonton, Alberta, pour un show qui donnera naissance à l’album Sax Zénith.

À part cette armée de saxophonistes, on retrouve les fidèles collaborateurs de Rémi Bolduc, Fraser Hollins (contrebasse) et Dave Laing (batterie). Et la bonne nouvelle avec cet enregistrement, c’est qu’il est live, mais avec une qualité studio : on n’entend que rarement des applaudissements, et ce n’est pas parce que ce n’est pas bon!

Someone in Love lance le tout avec énergie. Même si Rémi Bolduc joue généralement en petit ensemble, il nous rappelle qu’il est parfaitement à l’aise dans les arrangements pour une section complète, recréant un peu l’énergie d’un big band. Ceci étant dit, cela ne dure pas très longtemps car on se lance très vite dans une série de solos (on compte cinq solistes, dont les trois ténors pour cette première piste seulement!), montrant très vite la virtuosité et les couleurs des musiciens. Tout de même, les solos nous font quelque peu penser à une énergie studio… le talent y est, c’est évident, mais on ne se risque pas trop dans les envolées vertigineuses qu’on entend assez fréquemment en spectacle.

La mélodie de Clavardage y assume pleinement sa douceur. Même le solo de Hollins respecte le côté très feutré de la composition. Deux solos plus tard, Jefferson s’époumone et crée un contraste réussi avec l’accompagnement qui ne semble pas si loin de la musique d’ascenseur, si on oublie le chaos contrôlé de la toute fin de la piste. Cela nous amène à The Mentor, piste plus nerveuse et imprévisible, mais non moins réussie.

Jusqu’ici, toutes les pièces sont signées Rémi Bolduc. Cela change avec Salsa Saxophono, de P.J. Perry (arrangé par Phil Dwyer), qui apporte une touche de latin à l’ensemble. Quant à la pièce-titre, Sax Zénith, on exploite au maximum les instruments disponibles, au point d’en devenir quelque peu étourdissant par moments, surtout lorsque les solos s’enchaînent. C’est de loin la compo de Rémi Bolduc la plus corsée de l’opus.

Les deux dernières pistes sont respectivement de Phil Dwyer et Kirk MacDonald. Things You Usual-Lee Are offre un juste équilibre entre mélodies et virtuosité, et The Revellers, qui semble sortie tout droit d’une compilation de Blue Note. C’est peut-être parce qu’on a affaire à un album très chargé (mine de rien, 69 minutes de musique!), mais la fin de l’album semble plus aride que son début, signe qu’il adresse avant aux inconditionnels du sax même si les pistes prises individuellement restent très accessibles pour un plus large public.

Curieux au sujet de cet album? Prêtez une oreilles aux trois premières pistes, qui sont bien représentatives de l’ensemble de l’œuvre et des différentes énergies qu’on y retrouve. Si ces saxophonistes all-star arrivent à se retrouver ensemble sur scène, cette fois sans micros qui diminuent immanquablement l’audace dans les improvisations, cela risque de donner tout un show, c’est certain!

À écouter : Someone in Love, Clavardage, The Mentor

7,7/10

Par Olivier Dénommée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s