We Came Here to Love – Sébastien Izambard

Sorti le 2 février 2018

Si vous vous attendez à retrouver la voix de ténor lyrique qu’on lui connaît via son populaire groupe Il Divo, vous serez étonné d’entendre la voix teintée de pop du chanteur français Sébastien Izambard dans We Came Here to Love. Le musicien autodidacte choisit audacieusement de présenter ce deuxième album solo en carrière dans la langue de Shakespeare, 18 ans après la parution de son premier opus, Libre.

La chanson-titre We Came Here to Love lance le long jeu avec douceur et authenticité. On reconnaît brièvement le penchant lyrique du musicien avec les fines lignes de violons, bien vite éclipsées par un effet puissant de percussions au refrain. Un peu prévisible, ce build-up ne peut cependant que nous faire plaisir intérieurement. Ajoutons à cela quelques back vocals bien peaufinés et nous voilà emballés par le projet. Il nous faudra cependant se rendre quatre pistes plus loin pour retrouver un semblant de ce que l’on nous annonçait lors du premier morceau. Goodbye My Lover se donne des airs plutôt électro pop dans laquelle les ultra-basses très présentes nous font immédiatement penser à du Muse. Sinon, la mélodie est intéressante et plutôt accrocheuse. On est complètement surpris par le style, mais on l’adopte, tout comme Ashes qui suit juste après et qui arrive à nous titiller légèrement. Certainement pas autant que la suivante, Blind Heart qui nous séduit particulièrement à partir du bridge jusqu’au refrain. On aurait par contre imaginé ce genre de chansons avec un peu plus d’effets vocaux électroniques, mais le résultat plus naturel n’est pas pour déplaire.

Malheureusement, la liste de pièces intéressantes est bien courte et nous sommes assez déçus de la plupart des propositions de Sébastien Izambard. À vouloir «fitter» dans le moule, le chanteur se fond dans la masse avec des chansons tous aussi banales les unes que les autres (à quelques exceptions près).

Le premier bémol survient dès la deuxième piste, Kingdom Come : faible mélodie et arrangement instrumental pas extra, sans parler des paroles futiles et inintéressantes. Un peu plus loin, c’est Unchained qui nous surprend car, soudainement, nous voici dans un univers folk pop qui n’a rien à voir avec ce qu’on a entendu précédemment. Sébastien Izambard ne sait pas sur quel pied danser, et ça nous agace. Surtout que quelques minutes plus tard, on nous propose Love Again, une chanson qui se donne des airs latino à la Enrique Iglesias (je n’ai rien contre celui-ci, mais si je veux écouter ses chansons, je vais écouter ses albums).

Finalement, c’est Easy qui clôt cet éclectique album et elle se mérite également le titre de raté (malheureusement). On aurait aimé dire qu’on a gardé le meilleur pour la fin, mais vraiment ce style à la Justin Timberlake ne sied pas du tout à Izambard qui devrait peut-être penser à un retour aux sources et délaisser ce pseudo style életro. Pourquoi pas, même, revenir à la composition dans sa langue maternelle? S’il veut parvenir à offrir un contenu un tant soit peu plus original, il faudra définitivement repenser le concept…

Fans de Il Divo? Vous serez saisis (et c’est le moins qu’on puisse dire) par ce changement de cap de celui que l’on surnomme le Divo français. Au mieux, on se rappellera de cet opus les trois chansons listées ci-dessous qui méritent d’être écoutées avec attention à défaut de ne vouloir acheter l’album complet qui est, somme toute, plutôt décevant.

À écouter : We Came Here to Love, Goodbye My Lover, Blind Heart

 6,4/10

Par Audrey-Anne Asselin

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