Cerveau-Lent – Gabriel Bouchard

Sorti le 30 octobre 2017

Auteur-compositeur-interprète originaire du Lac-Saint-Jean, le jeune Gabriel Bouchard fait partie de cette génération de musiciens qui se plaît à paraître trash, mais qui a en réalité un son beaucoup plus accessible. Même le titre de son EP Cerveau-Lent, lancé en 2017, laisse imaginer un concept étrange, mais semble finalement être une façade.

On va se le dire : commencer son mini-album par Bienvenue, où on l’entend dire «Salut, je m’appelle Gabriel. Bienvenue dans mon Cerveau-Lent», ça l’air croire à un album fucké. Or, la piste suivante, Journaux, laisse plutôt entendre un folk rock un peu garage, mais rien de trop éclaté pour le grand public qui peut même y entendre quelques réflexions pertinentes sur nos médias.

Et fait, si Gabriel Bouchard voulait vraiment nous faire peur, il aurait au moins commencé avec sa plus corsée, Roberval. Pas que l’on change drastiquement de registre, mais son refrain dévoile son intérêt pour le mot «décalisser». Ceci étant dit, le refrain est le seul bout de la chanson qui manque de subtilité, alors que le reste est plus nuancé et, en apparence au moins, plus travaillé.

Quant à Poisson-Volant, on sent les influences – assumées ou non – de la scène rock plus mainstream (je n’irais pas jusqu’à dire Jonathan Painchaud, mais…). Pourtant ça fonctionne très bien et on a droit ici à une des chansons les mieux arrangées du petit opus. S’ensuit l’incontournable chanson triste, qui est aussi la clôture du EP : Yé passé où l’soleil?. Chanson dépressive, mais très, très puissante. Elle justifie à elle seule le mini-album et nous rappelle que Gabriel Bouchard, malgré les airs qu’il tente de se donner, a sérieusement des choses très pertinentes à chanter.

Une quinzaine de minutes suffisent à écouter le EP Cerveau-Lent au complet. Cela suffit pour y entendre l’identité de Bouchard, même s’il est très certainement encore en train de la préciser. Va-t-il assumer qu’il n’est pas aussi étrange (musicalement, au moins) qu’il fait croire, ou va-t-il tenter de véritablement extérioriser des idées excentriques? Le temps nous le dira. D’ici là, on le sent dans un entre-deux plus ou moins ambigu. À suivre.

À écouter : Poisson-Volant, Yé passé où l’soleil?

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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