Everything Was Beautiful, and Nothing Hurt – Moby

Sorti le 2 mars 2018

Ces dernières années, le producteur américain Moby s’était lancé dans une aventure punk qui avait connu un accueil mitigé, autant de la critique que du public. Il s’était trop éloigné du registre qui l’avait rendu populaire, se plaignaient certains. On ne pourra pas dire que Moby n’est pas capable d’écouter ce qu’on lui dit : il est revenu là où il excellait, mais tout en gardant ses références post-apocalyptiques dans Everything Was Beautiful, and Nothing Hurt.

En entendant Mere Anarchy, première piste de l’opus, on se demande jusqu’à quel point il a fait son compromis, alors que son intensité et son propos nous ramènent à l’idée de These Systems Are Failing, avec heureusement un peu plus de nuances au menu. C’est à The Waste of Suns que l’on retrouve le son trip-hop auquel on aime associer Moby, même si elle manque un peu de substance dans la composition. S’ensuit le premier single, Like a Motherless Child, tentant un certain compromis entre les deux énergies. Quant à The Last of Goodbyes, le commentaire de The Waste of Suns s’applique aussi.

Bref, jusqu’ici, on navigue dans l’impression que l’album tente un retour au trip-hop, mais sans sacrifier les combats de l’artiste, ce qui crée un résultat pour le moins mitigé. Or, la première surprise agréable de l’album est possiblement The Ceremony of Innocence. Elle surprend surtout par son absence complète de basse, expliquée par Moby qui s’est assuré que chaque piste contiennent des imperfections plus ou moins évidentes… dans ce cas-ci, il a simplement «oublié» d’ajouter la basse. La suivante, The Tired and the Hurt, est une belle composition bien construite, mais presque gâchée par les effets inutiles dans la voix de Moby.

Les suivantes, Welcome to Hard Times et The Sorrow Tree, offrent un bon enrobage, mais les compos sont répétitives et semblent un peu longues pour ce qu’elle offrent réellement. Néanmoins, la douce Falling Rain and Light est digne de mention pour la beauté de sa composition et sa mélodie, même si Moby a décidé d’encore incorporer son terrible effet vocal. The Middle Is Gone et The Wild Darkness entrent aussi dans la liste des pistes réussies de l’album, malgré quelques structures aux effets mitigés par-ci par-là – il faut se faire à l’idée que l’album est volontairement imparfait, après tout! L’opus de 56 minutes se termine avec A Dark Cloud Is Coming, écrit dans la plus pure tradition du trip-hop planant. Une finale bienvenue!

Quel sentiment devrions-nous avoir à la fin de l’écoute de Everything Was Beautiful, and Nothing Hurt? Moby mélange les genres, pas toujours avec subtilité, et continue de nous envoyer le message que le monde ne va pas bien. Cela reste moins lourd que ses deux précédentes offrandes, et plusieurs chansons s’écoutent somme toute assez bien malgré leurs défauts. Ce ne sera certainement pas un album qui s’écoutera aisément en toutes circonstances, mais il a néanmoins sa pertinence en 2018.

À écouter : The Ceremony of Innocence, The Middle Is Gone, The Wild Darkness

7,3/10

Par Olivier Dénommée

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