Avoir 20 ans – Mort Rose

Sorti le 22 juin 2017

Quand un groupe s’appelle Mort Rose, deux avenues seulement semblent possibles. La première, qu’il s’agisse d’un simple jeu de mot annonçant un groupe de musique downer. La deuxième, que le Rose soit le mot dominant et que ce soit, au contraire, le band le plus peppé que la Terre ait porté. Ce jeune groupe montréalais s’inscrit très clairement dans la seconde catégorie, d’autant plus qu’il verse dans la musique sur laquelle ont probablement été créés les parents des musiciens.

Car oui, le EP Avoir 20 ans nous offre une musique qui risque plutôt de rappeler les 20 ans d’une toute autre génération. Disons simplement que l’on joue directement dans les plates-bandes des groupes comme Cherry Chérie qui ont le même goût de remettre le rétro au goût du jour, une bonne dose l’irrévérence en plus.

Dès les premières secondes de L’inconnu, on se retrouve justement en terrain très connu (le jeu de mots était facile, oui), du moins musicalement. Textuellement, c’est de la chanson d’amour, presque une invitation au sexe. On croit y entendre un peu de Gab Paquet là-dedans, mais sans le même niveau de raffinement. On l’assume encore plus dans La femme flamme, aux textes un peu plus directs. «Mais ton soul est mon âme / Assis-toi dans ma face / Regarde comme tout est à sa place / Je coule de toi mon amour». Par contre, erreur auditive, dans le refrain, il est chanté «Bébé que toi pis moi»… mais certains pourraient entendre «Le bacon, toi pis moi», ce qui va instantanément tuer la romance pour ces personnes!

Le rythme ralentit pour MIAMI, pour se donner davantage d’espace pour un build-up digne de ce nom. C’est du moins ce qu’on espérait avec un petit solo de guitare à l’approche de la moitié de la chanson, mais ce n’était malheureusement que passager. Au contraire, Mots d’amour, qui conclut ce EP, assume ton rock dansant et laisse la place aux instruments, mettant en arrière-plan la voix du chanteur Alexandre Archambault. Le mot de la fin reste, quand même : «Mais y aura pu rien à se dire / Non y aura pu rien à se dire / À part se faire jouir».

Avoir 20 ans est un mini-album beaucoup trop bref – même pas 13 minutes – qui donne toutefois un bon aperçu de ce que Mort Rose a à offrir. Plus de nuances seraient bienvenues, mais le message (et la prétention que les gens feront des bébés sur le musique comme une autre génération l’a fait sur du Barry White) reste très clair. Les bons ingrédients semblent déjà en place, reste à apprendre à mieux doser et à miser sur ce qui rend le groupe unique. La bonne nouvelle, c’est que Mort Rose devrait encore avoir du temps pour y arriver.

Ce EP est disponible sur Bandcamp.

À écouter : L’inconnu, Mots d’amour

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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