Livre 1 : les caprices de Cupidon – La Dame qui piquait les cœurs

Sort le 22 mars 2018

Nehl Aëlin est chanteuse et compositrice qui a de l’intérêt à la fois pour la chanson française et pour la musique cinématographique. Elle a tenté de jumeler les deux univers dans son projet La Dame qui piquait les cœurs, qui lance son tout premier album, Livre 1 : les caprices de Cupidon.

Le projet est audacieux et très particulier : à entendre certaines pistes, orchestrales et drôlement puissantes, et les chansons qui semblent raconter une histoire très précise, on a effectivement l’impression qu’on a droit à la bande sonore d’un film ou d’une pièce de théâtre. Or, le projet n’est (pour le moment du moins) associé à aucune autre production.

Tout commence avec Ouverture (À cœur ouvert), un morceau instrumental fort bien construit donnant une bonne idée de toutes les ambiances exploitées au fil de l’opus. Les cordes sont d’ailleurs amplement au rendez-vous. S’ensuit Mon p’tit bonheur, qui raconte l’histoire d’une prostituée  qui tient bon parce qu’elle a un enfant qu’elle chérit. Le morceau sème un peu la confusion : le personnage est-il la Dame qui pique les cœurs? Il semble que non, mais avoir plus de détails, l’écoute passe déjà à Fée bleue, morceau intense particulièrement réussi, et parfaitement appuyé par la voix de Nehl Aëlin.

On passe à un morceau parlé dans Au menu, appuyé par une trame musicale chargée, mais bien dosée. Si la chanteuse avait opté pour une approche vocale similaire à Fée bleue, elle tenait quelque chose de vraiment solide ici. Après une excellente pièce instrumentale (Existence), on apprécie L’éphémère, qui n’est pas sans rappeler les arrangements de Woodkid par leur côté lourd et puissant. C’est un tank de son qui nous entre dans les oreilles, et il sera difficile d’y résister.

Après une chanson aussi forte, il faudra attendre à Délivrance (et ce serait justement le début de l’acte 2 (car oui, c’est même divisé en deux actes!)) pour vraiment regagner notre attention : ce morceau orchestral de plus de 5 minutes frappe dans le mille et devient sérieusement un incontournable dans sa seconde moitié. Elle est suivie par la plus lyrique Saigneur, puis de l’interlude Élégie pour violoncelles et cors. Très beau, mais trop court! La douceur de cette dernière piste se transpose sur la suivante, Les amants d’Istanbul, mais ne nous marque pas outre mesure.

La pièce-titre Scherzo : Les caprices de Cupidon suit, avec une ambiance mystérieuse qui fait changement. Parlant de changement, Quand tu danses se démarque des autres, particulièrement vocalement, en plus d’offrir une ambiance plus berçante – du moins, au début. Ça se termine tout de même en douceur avant de passer à Final (Quand la bouche reste close), autre morceau instrumental combinant le meilleur de la douceur et de la surcharge orchestrale. On a même droit à une portion avec du clavecin à la toute fin, histoire de ne rien laisser au hasard!

Cet album dure tout près d’une heure, mais contient des dizaines et des dizaines d’heures de travail. Le résultat est surtout convaincant au niveau des arrangements. On se croit vraiment dans un film grâce à ce travail méticuleux, qui est aussi fait en respect à une certaine ligne directrice. Bref, simplement que c’est rare que la musique est le maillon faible dans ce projet. Là où on s’y perd un peu, c’est au niveau des chansons. Les thèmes ne sont pas toujours clairs, les lignes vocales non plus. On comprend que Nehl Aëlin est aussi une chanteuse et qu’elle ne voulait pas nécessairement plonger seulement dans l’instrumental, mais c’est peut-être une avenue à étudier, car elle se débrouille très bien et pourra atteindre les oreilles de façon plus universelle encore. Cela n’enlève bien sûr rien aux quelques bijoux où elle chante sur l’album, mais règle générale, on a senti plus de solidité lorsque seule la musique parlait.

On comprend aussi qu’une suite devrait être envisagée. On ne peut que la lui souhaiter, et surtout espérer que ses prochaines compositions pourront être directement liées à une théâtrale ou cinématographique, qui donnerait immensément de concret à ce projet.

À écouter : L’éphémère, Délivrance, Quand tu danses

7,7/10

Par Olivier Dénommée

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