La gymnastique de l’amour – Anthony Roussel

Sorti le 10 novembre 2017

Antony Roussel n’est pas tout à fait un nouveau venu sur la scène musicale québécoise. Armé d’une belle expérience et avec l’aide d’André Papanicolaou à la réalisation, il en est venu à proposer l’album «concept» La gymnastique de l’amour, offrant 11 chansons autour du thème de l’amour. Les guillemets sont nécessaires dans la mesure où parler de l’amour est le thème de base d’à peu près tout auteur-compositeur. Par contre, Roussel se démarque en offrant un portrait plutôt mélancolique, sans tomber dans la déprime totale.

La bombe nous met vite dans le bain en ce qui a trait au registre et à la poésie d’Anthony Roussel. Et la musique moins chargée au début permet surtout de mettre de l’avant sa voix, plutôt rauque mais réconfortante à la fois. L’aventure se poursuit avec la chanson-titre La gymnastique de l’amour, plus pop et chantante.

L’album renferme quelques surprises, dont la principale est la participation d’Andrea Lindsay à deux chansons : Je bois du vin, puis Vingt ans. La voix grave de Roussel – qu’on aimerait comparer à celle de Moran dans Je bois du vin – tranche énormément avec celle très légère de Lindsay. On peine d’ailleurs quelque peu à la reconnaître, puisqu’il est rare qu’elle chante dans un registre aussi aigu en temps normal. Quant à Vingt ans, les deux voix fusionnent davantage, étant mises au profit d’une mélodie efficace. Le triste bémol qu’on doit émettre, c’est la portion «J’ai du temps», complètement de trop et qui n’ajoute rien de particulier à la chanson.

Reculons un peu, jusqu’à Regarde-moi : ce morceau pop rock vise plutôt dans le mille. La mélodie est sympathique, l’instrumentation est enlevante, et le propos est efficace. Tout y est et ça s’écoute tout seul. Le rythme diminue pour Fais une bonne ride. Ce passage à la douceur n’est pas désagréable, mais il passe quelque peu inaperçu malgré quelques belles montées. Le folk de Mimi, juste après, reste déjà un peu plus dans l’oreille.

Belle journée pour crever offre une musique légèrement plus ensoleillée. Malgré les propos sombres, c’est aisément une des pistes les plus accrocheuses de l’album. En fait, aucune autre chanson par la suite n’arrive à nous rester particulièrement en tête. Pas qu’elles sont mauvaises, mais elles manquent le petit mordant qui les rendrait accrocheuses et mémorables.

L’album La gymnastique de l’amour dure une quarantaine de minutes, et contient plusieurs ambiances qui résument bien Anthony Roussel. On sent les influences de Patrice Michaud dans plusieurs chansons, ce qui rend le tout très familier dès les premières écoutes. Le défi pour cet auteur-compositeur-interprète est d’arriver à se démarquer des autres artistes du même registre. Il faudra, pour y arriver, probablement opter pour un concept un peu moins surutilisé que celui de l’amour dans une prochaine sortie.

Il est possible d’écouter l’album sur la page Bandcamp de l’artiste.

À écouter : Regarde-moi, Vingt ans, Belle journée pour crever

7,2/10

Par Olivier Dénommée

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