Le jardin des espèces – Héliodrome

Sorti le 14 mars 2017

Bonne chance pour définir le registre musical du groupe Héliodrome, une espèce de rap expérimental puisant des influences du rock et du free jazz. C’est loin d’être du léger, mais on arrive à entendre une certaine cohésion autour du rappeur Khyro dans l’album Le jardin des espèces, paru en 2017.

Le langage des oiseaux, par exemple, propose un rock simple agrémenté de sons de trombones, lui donnant une couleur jazzée. C’est dans ce contexte qu’entre la voix, offrant une certaines poésie qu’il serait difficile de traduire clairement pour le commun des mortels. Déjà, cela donne une bonne idée du registre de Héliodrome. Accrochez-vous, parce que le plus intense s’en vient!

Après Occuper les marges, La plaie et le couteau propose une ambiance beaucoup plus psychédélique, rendant du coup le propos plus agressif. Dans Ramasser les corps vides, on y entend plutôt des drones qui ont cet effet passablement agressant. On garde la même énergie tendue pour quelques pistes, avec certaines variations dans les arrangements.

Halluciner les dieux sort drôlement du lot, possiblement par son rock lourd qui donne un côté plus tangible aux expérimentations sonores toujours bien présentes, même si ça dégénère un peu plus loin dans la chanson. S’ensuit le seul morceau en anglais de l’album, Three sample maniacal characters, one hero and a stranger, avec la participation de James P Honey. L’approche vocale est complètement différente, mais elle offre justement une certaine fraîcheur qu’on apprécie drôlement. Cela nous mène à la finale de l’opus, Enterrer l’aurore, un morceau purement instrumental créant une ambiance enlevante fort réussie. On n’évacue pas toutes les tensions de l’album, mais on arrive à un résultat très intéressant. On aurait apprécié davantage de pistes avec cette subtilité.

Le jardin des espèces dure 42 minutes, une durée normale pour un album, mais qui paraît longue pour quelque chose d’expérimental. Cela reste moins violent que les premiers enregistrements du groupe à l’époque où c’était un duo, mais on s’adresse à un public friand d’émotions fortes. Il faudra assurément de nombreuses bonnes écoutes pour apprivoiser les textes et leur signification, mais aussi les subtilités de la musique. Mais il faudra être patient pour l’écouter à plusieurs reprises, chose qui ne sera pas donné à tous.

L’album peut être entendu sur Bandcamp.

À écouter : Le langage des oiseaux, Three sample maniacal characters, one hero and a stranger, Enterrer l’aurore

6,5/10

Par Olivier Dénommée

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