Turbo! – Capitaines Moustache

Sorti le 26 avril 2018

«Se faire un band de super-héros, pourquoi pas?» C’est probablement ce que se sont dit les membres de Capitaines Moustache au moment de créer leur groupe et leur concept. Décrivant leur musique comme du cartoon rock, les cinq musiciens (qui incluent actuellement un imberbe et une fille, signe que le port de la moustache n’est pas un prérequis absolu) livrent leur premier effort studio, Turbo!. Personne ne sera surpris d’apprendre qu’il s’agit d’un album énergique et très groovy.

Le thème des super-héros est assumé dans l’intro, Capitaines Moustache! (Thème). Ce thème est chargé mais franchement bien orchestré, à en faire rougir certains thèmes de héros sérieux. Ça donne le ton. On entend ensuite le côté humoristique du groupe, qui se gâte surtout dans ses paroles. Don Gatto colle encore à la thématique, présentant un dangereux antagoniste sur un rock déchaîné. C’est par la suite que l’on s’en éloigne avec Pourquoi les filles ne m’aiment pas?, un pastiche de Yelo Molo où on se questionne sur son impopularité auprès de la gent féminine. Ça reste efficace, même si on se garde un bémol sur la portion lente au centre qui casse un peu le rythme même s’il ajoute une touche d’humour.

On saute d’un thème à l’autre sans complexe : Petit biscuit chinois traite de la confiance que le groupe porte aux messages que cachent ces biscuits, alors que Tout l’temps relate une pénible expérience de jeux vidéo sur une musique rock très réussie. On a aussi droit à Jogging qui nous encourage à jogger avec le groupe sur des airs qui auraient presque pu être composés par les Beatles. Ajoutons une vague impression d’entendre du Billy Talent dans Premier amour puis quelque chose comme du Muse dans L’humour noir. En fouillant un peu, on pourrait trouver des influences marquées dans à peu près chacune des pistes de Turbo!.

Les Capitaines Moustache reprennent vraiment du service à La poursuite, poursuivant un dangereux criminel sur une musique hard rock agressive à souhait. S’ensuit l’histoire de Lobster Boy, monstre difforme et malaimé. L’album se terminera ensuite par un morceau instrumental, La balade quotidienne de Laïka dans l’espace, piste plus douce et plus space (le groupe espérait probablement ce jeu de mots) à la fois. Une finale sympathique qui permet de relaxer après un album bref mais plutôt intense.

Le début de l’album nous laissait penser à un thème pleinement assumé avec les péripéties des Capitaines Moustache. Ce n’est finalement qu’une poignée de chansons qui collent vraiment à cette ligne directrice, le reste était des chansons humoristiques plus passe-partout. On devine que le but était de n’écœurer personne avec un thème aussi précis, mais il nous semble que ce premier opus aurait pu être la parfaite carte de visite avant de s’ouvrir à plus de diversité par la suite. Il y a peut-être là une occasion manquée? Sinon, côté musique, il y a là une belle diversité dans les influences et beaucoup de talent dans l’exécution. Le fait que le groupe se veuille humoristique justifie les nombreux pastiches, voulus ou non, et il ne nous déplairait pas d’en entendre encore plus dans un futur enregistrement.

L’album est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Don Gatto, Premier amour, L’humour noir

7/10

Par Olivier Dénommée

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