Ne laisse pas traîner ton cœur – Malgré/Même si

Sorti le 24 avril 2018

Nicolas Lemieux et Marie-Pierre Brasset forment le duo au nom particulier Malgré/Même si. Leur folk tente, d’après leur propre description, de faire le pont entre la musique nord-américaine et la chanson française où les paroles sont à l’avant-plan. Le mini-album Ne laisse pas traîner ton cœur est une belle occasion d’apprivoiser cette approche musicale hybride qu’on n’entend pas si souvent ici.

Le EP s’ouvre sur la chanson-titre Ne laisse pas traîner ton cœur, une pièce folk assez minimaliste où la voix et les textes de Nicolas Lemieux occupent bien l’espace. L’ajout de quelques instruments comme la trompette et des cordes viennent apporter de la couleur, mais restent discrets sauf à la fin de la pièce, où on n’entendra justement plus la voix. Cette discrétion sera la norme tout au long du EP.

Si les paroles de la première piste laissaient entrevoir une poésie légère, Les peines d’amour (ça fait des gars s’a brosse) en surprendra plusieurs. Plus près du country, cette chanson décrit de façon peu élogieuse l’attitude d’un gars qui a le cœur brisé. D’autres surprises suivront, notamment Pays pas de piscine, dont les paroles sont tirés d’un texte d’Erika Soucy. Sans contexte particulier, on se demande bien où doit mener cette histoire mise en musique sur un folk-country sympathique et chanté par Marie-Pierre Brasset.

Je me lève de bon matin est une chanson traditionnelle, adaptée par le groupe. C’est aussi un des morceaux les plus chargés de l’opus, où l’harmonica puis les cordes ajoutent énormément d’intensité et de tensions à la fin de la brève piste. L’idée est bonne, mais au milieu d’un opus plus léger dans ses arrangements, ça frappe beaucoup trop. Tout de même, cela fait qu’on prend encore mieux la jolie et douce La 6e heure, morceau final du EP. C’est aussi la moitié féminine du duo qui est au chant pour l’occasion. Toutefois, on ne l’entendra pas si longtemps puisque la dernière minute de la pièce sera instrumentale et laissera place à un petit solo de trompette.

Ce mini-album d’une quinzaine de minutes marque par sa variété, surtout pour quelque chose qui garde l’étiquette folk. Malgré les bonnes idées, plusieurs des pistes n’arrivent pas à nous convaincre. Peut-être est-ce parce qu’on n’a pas l’habitude ici de laisser autant de place aux textes au détriment des arrangements forts et des mélodies plus chargées? Il est vrai que Malgré/Même si a tenté de faire un audacieux hybride, mais ça a donné l’impression qu’il y avait, dans une même chanson, une portion «chanson» avec des arrangements minimalistes et une portion «musicale» où cordes et vents peuvent enfin monter le volume. Quelque chose de moins tranché aurait peut-être rendu l’expérience bien différente.

Le groupe semble tenir un filon intéressant et il serait très réducteur de dire qu’il est impossible d’arriver à trouver un compromis entre la musique à la nord-américaine et la chanson à la française. On n’a juste pas encore trouvé le bon équilibre, mais rien ne dit que la prochaine ne sera pas la bonne!

Cette musique est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Ne laisse pas traîner ton cœur, La 6e heure

6,4/10

Par Olivier Dénommée

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