Nuit – Renard Blanc

Sorti le 25 mai 2018

Cela faisait un bout que l’on n’avait pas eu de nouvelles de Renard Blanc et de son fameux «rock en spirale», mais après un passage remarqué aux Francouvertes en 2017, on ne pouvait qu’espérer un second album fort pour faire suite à Empire onirique (2015) et montrer clairement l’évolution du groupe basé à Saint-Hyacinthe. Le résultat est Nuit, album livrant un rock chargé qui gagne en saveur à chaque écoute.

L’album s’ouvre sur Le culte des cervidés célestes I, une intro lente et mystérieuse où on apprécie le subtil build-up qui mène vers Magma. On y reconnaît ici la signature de Renard Blanc, particulièrement dans l’abus de réverbération dans la voix de Vincent Lepage, mais le changement de bassiste depuis le premier album se fait entendre au niveau d’une basse plus agressive, loin de déplaire.

Le groupe arrive même à nous surprendre avec une chanson plus groovy comme Ouroboros, et avec quelques passages fort entraînants dans les pistes suivantes (Lune de miel, Tombeau de robot…). On sent véritablement un désir d’explorer différentes sonorités pour le groupe, et ça se poursuit avec Patience, mêlant douceur au début et intensité vers la fin. Mentionnons surtout Reflet, premier extrait de l’album, et parfait exemple d’une chanson bien dosée, autant dans les mélodies que les arrangements.  Chapeau aussi au petit solo de guitare à la fin, parfaitement en phase avec l’énergie de la chanson.

On sent tout de même la tension monter au fur et à mesure qu’on approche de la fin de l’album : Là où les veines rétrécissent est entraînant et bien dosé, mais explose dans la dernière minute et demie en perdant un peu de finesse au passage. Cette intensité quelque peu chaotique se poursuit dans Spasme et nous mène à la longue Hôtel, de 9 minutes. En temps normal, un groupe y expérimenterait beaucoup plus, assumant que cette piste serait l’ovni de l’album. Or, si on sent que le trio s’y amuse, il le fait toujours avec cohésion. On laisse le dernier mot à Le culte des cervidés célestes II, de retour à cette même vibe mystérieuse où tout va au ralenti. Après un album aussi intense, cela se prend finalement très bien.

En fait, quand on y pense, l’album Nuit est surtout justifié par la première et la dernière piste, le reste faisant simplement partie d’un bon album de rock qui fait vite oublier qu’on a «seulement» affaire à un trio tellement l’ensemble est chargé. Autrement, cet album se démarque du précédent en offrant plusieurs chansons marquantes et très inspirées qui ont chacune leurs particularités tout en restant en cohésion. On préfère légèrement la première moitié de Nuit que la seconde, mais les deux portions ont de quoi plaire à différents mélomanes qui auront envie de réécouter cet album en boucle pour apprécier toutes les subtilités de toutes les pistes.

L’album peut notamment être écouté sur Bandcamp.

À écouter : Magma, Ouroboros, Reflet

7,9/10

Par Olivier Dénommée

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