Sing in Japanese – Me First and the Gimme Gimmes

Sorti le 13 septembre 2011

En vue d’une importante tournée au Japon, le groupe punk rock Me First and the Gimme Gimmes a eu l’idée folle d’enregistrer des chansons en japonais pour en faire un EP, simplement intitulé Sing in Japanese. Le plus impressionnant est que Spike Slawson, le chanteur du groupe, semble effectivement chanter en japonais pour l’occasion.

On reprend Hero (Kai Band) pour commencer, transformant ce rock japonais en punk assumé et drôlement réussi. Le fait que Slawson n’essaie même pas d’imiter l’accent japonais rend le tout très drôle, même si on ne comprend de ce qu’il chante. C’est un peu le mot d’ordre de ce EP.

À moins d’être spécialiste de la musique populaire japonaise, vous ne connaîtrez aucune des chansons jouées, mais en faisant vos recherches vous découvrirez que toutes ne lèvent pas vraiment, contrairement à la J-pop qui fait rage jusqu’en Occident ces dernières années. Kokoro No Tabi (Tulip) est particulièrement peu enlevante dans sa version originale, mais rentre sérieusement au poste grâce aux Gimme Gimmes. Disons cependant que la relecture de Kekkon Shiyoyo (Takuro Yoshida), à l’origine non loin du country (quelqu’un d’autre entend les similitudes avec Take Me Home, Country Roads), aurait mérité un peu plus d’énergie pour s’en distancier davantage.

C-C-C (The Tigers) était à l’origine un gros rip-off des Beatles (allez voir la pochette, on imite jusqu’à leur coupe de cheveux), et la version des Gimmes nous amène complètement ailleurs. Idem pour 22 Sai No Wakare (Kaguyahime), quittant le registre folk trop doux. En conclusion de ce mini-album, on nous surprend avec une version adoucie et reggae de Linda Linda, qui était justement punk dans la version de The Blue Hearts. Je ne savais même pas que du punk japonais existait! Beau clin d’œil, même si ce n’est pas la chanson qui termine le EP avec le plus de force.

Sing in Japanese ne dure qu’une quinzaine de minutes, mais réussit un tour de force d’avoir du matériel en japonais à offrir à un public qui, imagine-t-on, en redemande! Un bémol demeure avec ce EP : alors qu’on sentait que chaque enregistrement permettait au groupe de peaufiner ses arrangements, celui-ci y va presque au stricte minimum et n’offre pas la même richesse qu’on retrouvera dans Are We Not Men? We Are Diva!. Cela reste de la musique particulièrement divertissante à écouter, alors pourquoi pas, au moins pour rire un bon coup de cette parenthèse japonaise!

Ce EP est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Kokoro No Tabi, 22 Sai No Wakare

7,1/10

Par Olivier Dénommée

 

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