Man in a Cage – Shjaane Glover

Sorti le 11 août 2018

Immergeant de la banlieue sud de l’Ontario, l’auteur-compositeur-interprète Shjaane Glover y va d’un court premier album, qui sait cependant bien dévoiler ce nouveau venu. Même s’il le fait avec sobriété, le jeune artiste montre ce qu’il a à montrer, juste assez pour nous donner envie d’en entendre davantage dans l’avenir.

Déjà, l’introduction du premier morceau, Lack of Luster, vient nous intriguer. Dans un crescendo atmosphérique plutôt flou où se mélangent guitare électrique et basse, Glover nous transporte finalement vers une jolie chanson folk. Tout de suite, l’opération charme est réussie : c’est mélodieux, la voix est agréable à écouter et on sent tout de suite une connexion avec cette musique joliment arrangée. Rien d’extravagant jusque-là, mais c’est loin de déplaire.

Overflow of Masculinity, qui suit juste après, reprend l’atmosphère de la pièce précédente, tout en y ajoutant un tantinet plus d’intensité. La mélodie n’est pas la plus mémorable du disque, mais ça s’écoute bien. Aussi bien que A Material Man, qui a déjà plus de mordant. La voix est soudainement plus rauque, plus écaillée. On sent le musicien plus vulnérable et ça connecte encore plus qu’avant. On se sent d’attaque pour A Tired Man et Child Knight. Cette dernière est facilement la plus remarquable du long jeu. Il y a quelque chose de profondément accrocheur dans la façon qu’a Shjaane Glover d’approcher ses refrains.

On ne peut cependant s’empêcher de remarquer que certains motifs ou ambiances générales reviennent souvent. Ce qui fait qu’après plusieurs écoutes, on a encore du mal à différencier les différents morceaux. Les contrastes, qu’ils soient faibles ou forts, sont essentiels et malheureusement absents ici. Même Awake to Your Own Escape, qui est pourtant charmante, n’échappe pas à cette tendance de similitude entre les morceaux.

On doit admettre que Fear or Discovery vient vraiment bien conclure l’album. L’idée de faire de la longue introduction une piste unique est géniale et permet une écoute plus allégée de la chanson. Surtout si, par exemple, elle se retrouvait dans une liste de lecture (et elle le sera, assurément), puisqu’il s’agit certainement de la chanson la plus «punchée» de l’album. Seule hic : la finale fade out qui, vraiment, n’a pas sa place, en aucun temps. Fade out is OUT.

Bien sûr, il s’agit d’un premier album et Shjaane Glover a encore du chemin à faire afin de peaufiner ses œuvres, mais somme toute on y découvre un artiste talentueux qui a quelque chose à dire. Une écoute tranquille et agréable d’un musicien à surveiller.

À écouter : A Material Man, Child Knight, Fear or Discovery

7,3/10

Par Audrey-Anne Asselin

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