Iomair – Iomair

Sorti le 21 septembre 2018

Fondé fin 2017 en Ontario, le groupe métal Iomair s’amuse dans un vaste registre, touchant le prog, le folk et le death à divers degrés. Le premier album homonyme ne manque franchement pas d’inspirations, surprenant à plusieurs reprises.

On entend dès Cast Away le petit côté folk du groupe, appuyé par le violon. Les grognements suivent peu après, ajoutant une lourdeur et une intensité à la pièce. On n’est pas fan, mais l’effet est au rendez-vous! On a aussi droit à certains moments à de la voix claire, indice que les deux types de voix se feront amplement entendre à travers l’opus. Quant à la batterie, elle rentre au poste, mais n’enterre pas le reste. Le dosage est bon. Cette première chanson est un bon indicateur de la suite : si vous n’avez pas aimé, il se peut que vous ne vous rendiez pas à la fin de l’album!

Dans By Design, le violon est encore bien de l’avant, mais le dosage nous semble plus inégal, ce qui ne nous convainc pas entièrement! Mentionnons quand même quelques passages plus près de la musique latine, une des nombreuses influences du groupe. Ce côté revient dès le début de Dance of Eternal Insanity, morceau énergique et plutôt rafraîchissant! Embodiment of Emptiness, juste après, se défend aussi très bien avec un dosage bien calculé entre le rythme et la lourdeur recherchée. Assez convaincant!

L’écoute se poursuit avec la piste instrumentale What Are You Waiting For? et d’autres influences se font entendre à gauche et à droite, sans que ça détonne particulièrement. L’exception est probablement au niveau du violon, aux sonorités qui s’éloignent parfois un peu du reste. Ça nous dérange un peu ici, mais dans Yearning par exemple, le violon ajoute beaucoup de profondeur à la mélodie.

Healing surprend aussi par sa ligne vocale : la voix claire semble inspirée par Losing My Religion de R.E.M. dans une portion où les deux lignes se répondent. La piste mène à la finale Forever Travelling Within. Un morceau en montagnes russes qui alterne la lourdeur et des passages plus mélancoliques.

Même après plusieurs écoutes, difficile de mettre le doigt sur toutes les influences de Iomair tellement il semble y en avoir. Le mélange n’est pas toujours naturel pour l’oreille (et parfois le violon ne sonne même plus comme un violon), mais dans les pièces où ça l’est, c’est franchement efficace. Comme c’est encore un jeune projet et un premier album, on peut se permettre de penser que le groupe pourra préciser sa direction et voir le dosage qu’il souhaite accorder aux deux types de voix. Même si le growl apporte une plus grande intensité aux chansons, musicalement les compositions semblent mieux servir la voix claire. En attendant cette éventuelle précision, reconnaissons que Iomair ne manque pas de potentiel pour plaie aux métalleux qui croient avoir déjà tout entendu!

Écoutez cet album sur Bandcamp.

À écouter : What Are You Waiting For?, Yearning, Forever Travelling Within

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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