Testament – Anatole

Sorti le 28 septembre 2018

La réputation d’Anatole, alter-ego irrévérencieux et débordant de glamour d’Alexandre Martel (Mauves) semble bien fixée depuis quelques années. On n’a pas (encore) eu la chance de constater l’étendue de ce personnage en live, mais il suffit de lire à son sujet pour savoir qu’on n’a pas affaire à n’importe quel chanteur. C’est avec curiosité qu’on s’intéresse ici à son album Testament.

En promotions pour parler de son album, Martel a parlé du poids qui pesait sur son personnage, qu’il a décidé de «tuer». «Vie. Mort. Résurrection», lit-on dans un petit texte résumant la démarche de l’opus transmis aux médias. Testament serait un prétexte pour libérer Anatole des chaînes dans lesquelles il se sentait dorénavant prisonnier, avec, on l’imagine, une liberté totale de création. On a droit là à un sacré concept! D’ailleurs, si on se penche sur les paroles, on devrait retrouver quelques références à la relation d’Anatole avec la scène et son public, ou encore à des thèmes du précédent album. Les critiques semblent unanimes : si vous avez aimé le «vieux» Anatole, jetez-vous sur Testament sans hésiter.

Et si vous ne le connaissez pas, le vieux Anatole, et que vous découvrez son existence avec cette critique? Voici ce qu’on en retient :

Vocalement, on reconnaît immédiatement Alexandre Martel, qui offre la voix la plus haut perchée dans le groupe Mauves. Il est très planant et maîtrise ses effets à merveille. C’est musicalement que l’oreille, même moins familière, sera le plus vite accroché. On nous livre une pop pleine de synthés, nous ramenant volontiers dans les années 70-80. On entend presque les paillettes, tout en sentant que l’œuvre est pleine de modernité. Bref, le dosage est généralement très bon.

Exode prend le temps de préparer l’ambiance, et d’incorporer les instruments un à la fois. On reconnaît les claviers très présents, presque autant que la voix, les percussions tranchantes, et la basse impeccable de Cédric Martel. Cette première piste est un peu intense à écouter sur le coup, mais elle met vraiment le bain pour le reste. Quelques bijoux pourront être entendus à travers ces 39 minutes : pensons à la chanson-titre Testament, à Renaissance, à Aveux ou encore à la conclusion, la sensuelle Isaac… On a aussi quelques très belles montées, comme dans Pluton ou À sept pas du ciel par exemple. Beaucoup de belles choses en 10 pistes, et bien sûr quelques moments plus corsés pour confronter l’auditeur à l’occasion. Comme dit précédemment, le dosage est bon, et on a droit à un bel équilibre entre une pop rétro et glam et une musique où on expérimente davantage pour tester nos limites.

Testament n’est pas pour tout le monde, mais pourra plaire à ceux qui ont une nostalgie de cette époque fertile de musiques enivrantes et bien sûr ceux qui suivent déjà fidèlement les projets d’Alexandre Martel. Il est encore tôt pour dire que c’est un des albums québécois de 2018, mais disons sans trop nous tromper que c’est un très bon coup!

Cet album peut être entendu sur Bandcamp.

À écouter : Renaissance, Aveux, Isaac

8,2/10

Par Olivier Dénommée

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