Dans le noir – Safia Nolin

Sorti le 5 octobre 2018

Safia Nolin est vite devenue une des musiciennes québécoises les plus reconnaissables, autant par son look que par sa musique déprimante. Après un premier album de compositions originales (Limoilou) et un de reprises (Reprises Vol. 1), elle est de retour avec de nouvelles chansons, toujours dans le même registre qu’on lui connaît et que plusieurs ont effectivement appris à apprécier. L’album Dans le noir montre une belle évolution tout en gardant les éléments centraux fidèles à ce à quoi on s’attend de Safia Nolin.

La neige nous introduit assez adéquatement à ce nouvel album. Une longue portion instrumentale nous met dans le mood mineur, et la voix de Safia fait enfin son entrée. Elle se permet une surprise dans la dernière minute : un effet pour donner plus de grave à sa voix. L’intensité fonctionne, mais on n’est pas convaincu de cet étonnant changement vocal.

On retrouve un registre plus familier avec 1998, et encore plus avec la déprimante Miroir, où la mélodie frappe aussi fort que les lourdes lignes de guitare. Car si les arrangements restent somme toute simples, ils appuient drôlement bien le build-up que crée la chanteuse. C’est aussi vrai pour la jolie Belvédère. Safia Nolin inclut dans la suivante, Sans titre, une trentaine de secondes d’enregistrements avec son père, ce qui nous dérange un peu dans la mesure où la chanson est en fait une des plus puissantes de tout l’opus! La guitare est feutrée et contribue à créer cette ambiance planante fort réussie.

S’ensuit Les chemins, morceau-phare de l’album, autant pour sa déprime ambiante que pour sa lourde lenteur. Après le bel interlude Bye, Dagues frappe particulièrement avec ses paroles et son magnifique refrain. La prochaine à être aussi redoutable est probablement Je ne comprends pas, forte d’une mélodie incontournable, suivie de Lesbian Break-up Song (!), incluant la collaboration de La Force (autre magnifique voix québécoise) pour l’occasion. Il est encore rare d’entendre Safia chanter en anglais, mais il faut admettre qu’elle se défend tout aussi bien. Malgré un build-up réussi dans France, elle restera probablement dans l’ombre du précédent titre et l’album se terminera ensuite avec Le néant, presque joyeux dans son jeu de guitare mais avec la mélodie toujours aussi déprimante, comme on l’aime!

Le principal défaut de cet album, c’est que l’énergie d’une chanson à l’autre est tellement similaire qu’on a parfois l’impression d’écouter une seule et même longue chanson avec quelques variations. En tout cas, on ne pourra pas dire de Safia Nolin qu’elle s’éparpille dans des registres trop vastes! Cela reste un album puissant, qui arrive à point avec le début d’automne froid et pluvieux qu’on a eu. Sans complètement réinventer le folk déprimant, elle sait exactement comment atteindre sa cible, signe qu’elle est plus que jamais à sa place.

Écoutez cet album sur Bandcamp.

À écouter : Dagues, Je ne comprends pas, Lesbian Break-up Song

8,3/10

Par Olivier Dénommée

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