Les matricides – Fuudge

Sorti le 9 novembre 2018

Projet de David Bujold situé quelque part entre le stoner, le psychédélique et le grunge (grosse commande!), Fuudge a fait parlé de puis à quelques reprises avec ses premiers EP. Le voilà qui se mouille avec un tout premier long jeu, Les matricides, où la lourdeur et l’intensité sont plus que jamais au rendez-vous.

Les autres critiques n’ont pas manqué de souligner que cet album allait encore plus loin que les précédentes offrandes de Fuudge au chapitre de l’agressivité. C’est effectivement une des premières choses qui nous frappent en écoutant l’opus, une fois l’intro trompeusement douce de Capricorne passée. Dès Toé t’as toute fucké la game, les choses deviennent sérieuses et on a droit à des riffs lourds qui noient régulièrement les mélodies de Bujold.

Cette lourdeur reste le mot d’ordre pour l’essentiel de l’album, nous rappelant par moments des sonorités proches de celles de Galaxie. Citons Je sais pas comment faire avec les filles, la très agressive On est une gang de moumoune et la lente Si c’est ça qu’tu veux.

Mentionnons quand même quelques morceaux se démarquant : À temps fait un peu plus dans la nuance malgré quelques moments explosifs, Toi aussi y va d’un rock garage sympathique et bien accueilli en milieu d’album, Qu’est-ce que j’pense de moé offre une énergie en montagnes russes entre le rock «doux» et le stoner agressif et agressant ou encore Pauvre enfant, ce qui se rapproche le plus d’un ver d’oreille dans ce répertoire.

L’exercice se termine avec la pièce-titre, Les matricides, espèce d’incantation au côté sci-fi. Ces sonorités bizarres avaient d’ailleurs été entendues dans l’intro, et on comprend enfin pourquoi. Même dans cet univers où ces subtilités sont bien optionnelle, Fuudge nous rappelle qu’il est bel et bien capable d’un peu de finesse.

L’album demeure lourd et peu approprié dans bien des contextes, sauf pour ceux qui écoutent du stoner en continu peu importe le mood, mais il est bien assumé et plaira à cette niche qui recherche exactement ça. Car Fuudge est loin de faire de la musique pour plaire à tout prix aux masses, et c’est ce qui fait son charme malgré tout.

Vous pouvez notamment écouter cet album sur Bandcamp.

À écouter : Toi aussi, Si c’est ça qu’tu veux, Pauvre enfant

7,4/10

Par Olivier Dénommée

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