Midnight, Let’s Get a Hot Dog – The Seasons

Sorti le 16 novembre 2018

Certains se souviennent de l’album Pulp, paru en 2014 : le premier effort du jeune quatuor The Seasons proposait une musique pop folk aux inspirations très Beatles. Depuis, un de ses membres, Hubert Chiasson devenu Hubert Lenoir, a fait un tabac avec son album solo Darlène. The Seasons est tout de même de retour avec un deuxième effort, Midnight, Let’s Get a Hot Dog, qui délaisse le folk pour quelque chose de plus agressif. La pochette colorée laisse aussi place au noir et blanc. Bref, beaucoup de choses changent en 4 ans.

Bon, réglons tout de suite l’éléphant dans la pièce de la première piste, The American Way to Dream. Depuis la contagieuse chanson Dégénérations de Mes Aïeux, il y avait une loi non écrite nous disant qu’aucune autre chanson ne devrait commencer par le même beat de percussions qui nous ferait immanquablement penser à elle. The Seasons transgresse la règle même s’il tente de beurrer sa piste de disto lourde par la suite. Sinon, les harmonies vocales font leur retour, mais elles sont tellement noyées qu’on peine à les apprécier pleinement.

Animal Songs, plus modérée, nous permet d’un peu mieux apprécier les subtilités musicales, mais c’est à Junk que les nuances sont les plus réussies avec, aussi, les mélodies les plus accrocheuses. Ne passons pas non plus sous silences certains passages très mélodiques dans Hosting the Night, et un rock rétro bien chargé dans Glorify ou encore dans Knives. Plus effacé dans cet album, le côté beatlesque semble quand même faire son retour le temps de Tangerine, signe que le groupe n’a pas complètement oublié l’approche qui avait fait son succès 4 années auparavant.

L’approche de la fin de l’album de 35 minutes nous réserve plusieurs surprises, comme la vigoureuse (quoiqu’un peu longue compte tenu de sa vitesse) Family Tree ou encore la bizarre LIFE, seule piste en français de l’opus où les paroles n’ont vraisemblablement pas de sens. Disons que ça nous marque tout particulièrement dans ces circonstances. La finale est confiée à Helpless, Aren’t We?, morceau plus minimaliste musicalement (et folk!) pour laisser la place aux sympathiques harmonies vocales. Si la chanson s’était terminée après 3 minutes, elle aurait été la parfaite conclusion pour un album plus intense que ce à quoi plusieurs fans de la première heure s’attendaient, mais on y a ajouté deux minutes de plus et une bonne dose de cris gratuits… On comprend l’idée du changement d’image du groupe, mais bon!

Que dire de cet album très chargé malgré sa relative courteur? Il semble que le groupe avait envie de changer drastiquement d’étiquette avec ce nouvel enregistrement, quitte à s’aliéner quelques personnes qui aimaient le The Seasons de 2014. Mais cela lui ouvrira possiblement d’autres portes, surtout avec la popularité solo d’Hubert Lenoir. On verra si le groupe souhaite poursuivre dans cette vague ou s’il continuera ses expérimentations rétro au fil des années, mais en attendant, on peut dire que Midnight, Let’s Get a Hot Dog est un album plus mordant que Pulp, et qu’il démontre peut-être un désir plus grand de casser la baraque. En tout cas, ça devrait transparaître en live!

À écouter : Junk, Tangerine, Knives

7,3/10

Par Olivier Dénommée

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